Deprecated: Assigning the return value of new by reference is deprecated in /htdocs/public/www/ecrire/tools/xemb/XEmb_Cache.class.php on line 124 Warning: Cannot modify header information - headers already sent by (output started at /htdocs/public/www/ecrire/tools/xemb/XEmb_Cache.class.php:124) in /htdocs/public/www/index.php on line 49 Mes billets ici - mars 2009 - Ouinon.net

Regard d'enfant : le recyclage audiovisuel

Dans le registre utopique, imaginez des chaînes télévisées qui diffuseraient l'intégralité des programmes qui furent originellement diffusés sur une chaîne historique 20 et/ou 30 ans auparavant. Absolument tout : les pubs, les speakerines, les JT, les séries, les émissions, les films, et avec les horaires de l'époque. Ne me demandez pas si ce type de chaîne serait rentable (ou alors il faudrait pouvoir y diffuser des pubs actuelles, mais ça casse un peu le principe) ou si une telle chose est possible (conservation, droits) mais ce serait rigolo, non ?

N'empêche que dans un registre plus réaliste, il y aurait surement des choses à faire avec le recyclage des publicités anciennes. On pourrait très bien imaginer que certains annonceurs historiques puissent trouver un intérêt à rediffuser aujourd'hui quelques uns de leurs vieux spots sur des chaînes contemporaines (TF1, France Télévision, M6, etc.). Sur le plan économique, mis à part (peut être) quelques droits à verser, cela éviterait de produire un nouveau spot ; et sur le plan de l'impact, imaginez un peu la surprise pour le public de voir une pub Boursin des années 60 ou un spot Lajaunie des années 80, diffusés « dans leur jus » entre deux épisodes du Docteur Raousse ou juste avant Des chiffres et des lettres ! Succès quasi assuré (auprès d'un certain public et avec certains produits, bien entendu — ça ne fonctionnerait pas avec tout et n'importe quoi).



Bon, voilà, c'est tout. « Spécialiste de rien du tout » à longtemps été la baseline de ce blog (avant que je ne décide de ne plus avoir de baseline) et on est bien dans le rien du tout ;-)

Commentariose cascadia

Si vous êtes un commentateur acharné, un troll confirmé ou un simple observateur patenté, vous aurez peut-être remarqué que les sites liés à l'info se transmettent tous un mystérieux virus du nom de commentariose cascadia. Des flux de commentaires parfois bardés de fonctions mais souvent illisibles ; des sites bourrés de commentateurs, certes, mais qui ne lisent pas (confortablement) les commentaires des autres. Si votre site est touché, pas de panique : des thérapies existent et la guérison n'est pas impossible. Explications.


La cause

Clairement identifiée, il s'agit d'un bouton « répondre » qui apparait sous chaque commentaire posté. Les scientifiques n'arrivent pas à expliquer avec certitude pourquoi les sites d'actualité sont touchés en priorité par le virus. L'hypothèse d'un nombre de commentaires sensé être plus important pour chaque article publié sur ces sites a été avancée. Mais l'on peut aussi penser que c'est justement parce qu'il y a beaucoup de commentaires que ceux-ci devraient être d'avantage cadrés et présentés de façon plus minimaliste. Ci-dessous, un bouton « répondre » observé dans son milieu naturel :




Les symptômes

La maladie est progressive. Sous chaque article, le sujet touché commence par voir apparaitre une réponse, puis des réponses de réponses, des réponses de réponses de réponses. Avec des commentaires qui forcément, s'éloignent facilement du sujet de départ :



Lorsque le patient n'est pas traité à temps, on observe ainsi de multiples fils de discussion imbriqués les uns dans les autres. Parfois ponctués de commentaires isolés, perdus dans la masse, cherchant vainement à commenter ce qui devrait pourtant être commenté en priorité : l'article. C'est le cas le plus extrême de la maladie, dont voici un exemple :



Dans ce genre de cas, on observe qu'en plus d'être en bonne partie hors sujets, les commentaires sont présentés dans un ordre qui n'est pas strictement chronologique. Le lecteur (le lecteur normal ;-) fuit. L'internaute qui débarque sur un fil de discussion bien entamé dispose d'un temps de survie qui ne dépasse pas 2 minutes. Celui qui suit le fil depuis le début aura beaucoup de mal à savoir ou se situent les derniers commentaires postés à chacune de ses visites (repérer les signalement « nouveau »). Quant à celui qui est familier des sites de discussion, il sait qu'il est inutile de s'acharner à écrire puisqu'un commentaire perdu dans un tel cahot n'a que très peu de chances d'être lu.
Le billet pris en exemple dans les illustrations ci-dessus concerne la diffusion prochaine d'un documentaire sur la fin politique de Margaret Tatcher, publié sur Rue 89 (en suivant le lien vous pouvez observer par vous même l'avancée de la maladie en temps réel).
Dans les cas les plus graves, cela peut aller jusqu'à une sévère montée de trolls, qui profitent de la fuite des lecteurs les plus modérés pour s'épanouir. Dans cet exemple, j'ai compté dans les commentaires 24 occurrences du mot « Sarko » — sur un sujet qui concerne Margaret Tatcher, c'est plutôt costaud. Je précise qu'il s'agit d'un article que j'ai pris au hasard sur la une de Rue 89. J'aurais pu tout aussi facilement prendre en exemple l'affichage des commentaires de Libé, de Arrêt sur images, de Bakchich et beaucoup d'autres.


Le traitement

Supprimer de toute urgence le bouton « répondre » qui figure sous chaque commentaire. Pour prévenir de toute rechute, préférer une présentation simple, sans chichis et surtout, un affichage qui soit strictement chronologique afin que le lecteur puisse progressivement recommencer à lire chaque commentaire dans leur ordre de publication — attention, une rééducation peut s'avérer nécessaire. Privilégier le confort de lecture aux fonctions d'écriture. Lorsqu'un commentateur souhaite répondre à un autre, cela pourra être simplement notifié par écrit par un @ ou par un À (« @ Jean-bernard : blablabla »). Le dernier commentaire posté devra toujours figurer à la fin du fil, c'est à dire en bas de page (la norme veut qu'on lise de haut en bas). Attention : ce traitement est incompatible avec une modération à priori — sujet qui mériterait un billet à lui tout seul.
Voici un exemple de sujet sain :



On observe une magnifique colonne, massive et rectiligne (signe de vigueur et de bonne santé, c'est bien connu) :



Désolé pour le scrolling. Dans ce cas précis, l'auteur du blog s'offre même le luxe de mettre des couleurs particulières à ses réponses — pour l'anecdote, je précise que quelques uns des amis de Laurent ont également droit leur couleur. Résultat : moins de trolls, moins de hors sujet, et des lecteurs qui n'ont pas peur de passer du temps sur l'écriture d'un commentaire. Des commentaires probablement plus lus que ceux de Rue 89 et ce, quel que soit leur quantité. Alors qu'un billet fortement commenté sur un site d'info est souvent synonyme de guéguerres entre militants, un billet fortement commenté sur Embruns est souvent le signe d'un débat intéressant ou tout au moins amusant. Là encore, Embruns n'est qu'un exemple et j'aurais pu choisir des milliers d'autres blogs ou forums ayant un affichage classique.



Annexe

• Un cas intéressant à signaler : le site Slate.fr, qui était pourtant parti sur de bonnes bases, avec des commentaires qui ne comportaient pas ce bouton « répondre », a fini par s'y mettre très récemment (aujourd'hui ?). J'ai envoyé un message ce matin aux intéressés et un membre de l'équipe m'a répondu qu'une fonction de classement allait être ajoutée. Ce n'est qu'un pansement, mais ça peut effectivement limiter les dégâts. Quoi qu'il en soit, je ne sais toujours pas pourquoi Slate.fr a finalement décidé d'ajouter ce fameux bouton. Mis à part favoriser le hors sujet et le troll, je ne comprends pas.

• Une donnée intéressante : Pascal Riché explique que 7 % des visiteurs de Rue 89 (visiteurs à ne pas confondre avec les lecteurs, qui sont beaucoup moins nombreux) lisent les commentaires. Même si ce n'est sans doute pas très éloigné de la moyenne générale (avec ou sans bouton « répondre » ), je pense qu'il y a probablement moyen de faire mieux ;-) Anecdote : j'ai commencé à écrire ce billet ce matin, avec le contre exemple de Rue 89, et je n'ai eu connaissance de ce chiffre qu'en fin de journée, via le blog Internet & Opinion(s).