Deprecated: Assigning the return value of new by reference is deprecated in /htdocs/public/www/ecrire/tools/xemb/XEmb_Cache.class.php on line 124 Warning: Cannot modify header information - headers already sent by (output started at /htdocs/public/www/ecrire/tools/xemb/XEmb_Cache.class.php:124) in /htdocs/public/www/index.php on line 49 Ouinon.net

  • Mes billets ici
  • Pensées, avis, humeurs, infos : mon blog.

Le mythe du mythe de l'obsolescence programmée

L'histoire commence par un malentendu. La reprise médiatique d'un terme de 1932 en lui collant une définition française de 2012, tellement arbitraire et restrictive, qu'elle en devient caricaturale, voire contreproductive. Ainsi, d'après l'Ademe, « la notion d’obsolescence programmée dénonce un stratagème par lequel un bien verrait sa durée normative sciemment réduite dès sa conception, limitant ainsi sa durée d’usage pour des raisons de modèle économique ».
En d'autres termes, puisqu'il est implicitement fait référence à sa conception, il s'agirait-là d'objets truqués pour en limiter la durée de vie. Là dessus s'ajoutent la rediffusion du documentaire Prêt à jeter, sur Arte (truffé d'exemples spectaculaires mais vraisemblablement marginaux, anciens, voire carrément contestables pour certains), des réactions pros et antis sur le documentaire et enfin, une proposition de loi conduite par le sympathique sénateur vert Jean-Vincent Placé. Sur les réseaux sociaux et dans les médias, un débat se construit joyeusement, en deux temps, malheureusement réduit à une partie marginale et douteuse de ce qui est décrit comme l'obsolescence programmée.
Car oui, si dans sa définition « officielle », l'obsolescence programmée pourrait sans mal être considérée comme un mythe (tant les comportements grossiers qui s'y rapportent sont rares et commercialement ineptes), il faudrait prendre garde à ne pas y ajouter un autre mythe, en affirmant que rien n'est fait pour inciter les consommateurs à renouveler les produits qu'ils commercialisent. Entendons-nous bien : je ne pense pas à l'incitation au renouvellement par l'innovation, par l'esthétique, par la publicité ou par la mode (obsolète par définition). Ni même du renouvellement précoce occasionné par une conception bas de gamme résultant d'un prix discount. Tout cela fait partie de l'arsenal du marketing et l'économiste Alexandre Delaigue l'a très bien expliqué, dès l'année dernière, dans un article écrit en réaction au documentaire diffusé sur Arte. Ce n'est cependant pas une raison pour jeter le chaton avec l'eau de la machine à laver (de grand-mère).


Deux exemples, cinq propositions

• Ma perceuse tombe en panne sans raison, je la jette car je pense que la réparation couterait trop cher. Effectivement, au bout de quelques années, il est normal qu'un appareil électrique finisse par tomber en panne. Sauf que dans la plupart des cas, rien n'est fait pour faciliter l'entretien des appareils par leurs propriétaires. Par conséquent, comme le propose Jean-Vincent placé, il serait intéressant de :
— Faciliter, dans leur conception, la réparation des appareils (trappe d'accès aux pièces sensibles, batteries amovibles, vis courantes, etc.). Pour le coup, et ce sera la seule fois, je reprends la référence à la conception du produit à laquelle fait s'attache l'Ademe.
— Informer, dans la notice, la possibilité (ou pourquoi pas, soyons fous, indiquer la manière) de réparer la, ou les quelques pièces qui pourraient s'user naturellement (les charbons des moteurs électriques, les batteries, les courroies, les lames, etc.).
— Garder ces pièces à disposition des clients pour une durée minimale (beaucoup sont d'ores et déjà disponibles en sous-marques sur internet mais leur variété et la durée de leur mise en vente n'est pas assurée).
J'ai même déjà acheté un perforateur « chinois » qui était vendu avec un jeu de charbons de rechange (que je n'ai d'ailleurs toujours pas eu à utiliser), voila une initiative qui mériterait d'être saluée, y compris sur un produit bas de gamme. En attendant, la plupart des utilisateurs ne savent pas que l'on peut doubler la durée de vie d'une perceuse rien qu'en changeant ces pièces, lorsqu'elles sont usées. Les produits d'aujourd'hui ne sont globalement pas moins fiables que ceux d'antan mais c'est nous qui sommes devenus plus gaspilleurs en acceptant l'idée que leur durée de vie devait s'arrêter dès le moindre dysfonctionnement. Il y a là un enjeu d'éducation, d'encouragement, qui dépasse le cadre du consumérisme et qui touche à la pollution et à l'épuisement des ressources naturelles, notamment en terres rares. Ce n'est pas un hasard si les écologistes sont en première ligne sur ces questions.

• Le vieux MacBook que j'ai donné à mon fils ne reçoit plus de mises à jour depuis plusieurs années. À priori, rien de délirant, sauf que cela empêche d'installer des plugins ou navigateurs qui permetraient, entre autres, d'assurer la lecture des vidéos Dailymotion (qui fonctionnaient très bien autrefois sur ce même appareil). Un peu comme si votre téléviseur vous annonçait qu'il ne peut plus lire les programmes de France 2.
« Mais quel sorte de monstre es-tu pour ne pas acheter un nouvel ordinateur portable tous les 2 ans à tes enfants ? C'est ta faute ! » me répondrez vous. Et si vous bénéficiez de revenus importants, vous aurez parfaitement raison. J'ai bien mérité cette punition de la part de ma marque informatique préférée — parce que oui, malgré des défauts regrettables et une stratégie marketing de plus en plus arrogante, Apple a aussi du bon, et c'est bien ce qui m'embête (sans quoi je serais passé à la concurrence depuis longtemps). Lorsque le constructeur de l'appareil est aussi celui qui conçoit le logiciel d'exploitation, nul besoin d'installer une puce explosive sur la carte mère pour limiter la durée de vie du produit : l'OS s'en charge très bien et ne vous inquiétez pas, vous ne sentirez rien. Et puis si un jour vous vous en rendez compte, l'alibi est déjà tout trouvé : « la technologie évolue vite, donc il faut suivre pour pouvoir profiter des dernières innovations ». Bref, si vous n'achetez pas un nouveau smartphone, une nouvelle tablette et un nouvel ordinateur tous les deux ans à chacun des membres de votre foyer (soit, pour un couple avec 2 enfants : 8 appareils par an, qui coutent chacun entre 700 et 2000 € + les abonnements divers qui vont avec et autres applications), ne venez pas pleurer si vous ne pouvez plus lire tel format ou si l'affichage d'une image prend 2 fois plus de temps qu'au moment où vous l'avez acquis.
Et que dire du cas du Mac OS Lion qui a carrément empêché le fonctionnement des vieilles applis compatibles PowerPC (y compris le driver de mon scanner professionnel, sur mon iMac) ? De l'impossibilité d'enregistrer des fichiers dans les formats lisibles par le même logiciel sur deux versions antérieures ? De la rétrocompatibilité limitée ? Et encore, comme je ne suis pas un expert, je ne parle que des logiciels que je connais, d'après mon usage personnel (et ma mémoire). Quoi qu'il en soit, pour augmenter la durée de vie de ces produits, il serait au moins souhaitable de :
— Dans le cas des systèmes d'exploitation, proposer une durée de mise à jour minimale et/ou clairement indiquée au consommateur au moment de l'achat. Cela pourrait éventuellement être encadré par un cahier des charges qui déterminerait les fonctions essentielles concernées par ces mises à jour. On pourrait même imaginer une durée de mise à jour proportionnelle au prix de vente de l'appareil (idées en vrac !).
— Pour tous les logiciels, proposer d'avantage de clarté sur l'impact des mises à jour. Actuellement, les éditeurs indiquent sans problème les nouvelles fonctions induites par chacune, mais sont beaucoup plus discrets sur les ralentissements et incompatibilités provoqués. Chacun devrait mieux pouvoir juger avant d'acheter la nouvelle version d'un logiciel.


Un label pour encourager les bons élèves plutôt qu'une loi difficile à appliquer ?

Dans la plupart des points que j'ai soulevé, je ne suis pas sûr qu'il s'agisse d'une volonté délibérée de la part des constructeurs de réduire la durée de vie des produits, mais plutôt d'une négligence à ne pas rendre possible leur prolongement. Un obsolescence « encouragée » plutôt que « programmée », en quelque sorte. C'est pourquoi la définition de l'Ademe est déjà dépassée et c'est pourquoi je pense qu'il faudrait récompenser les bons élèves plutôt que de perdre son temps à tenter de prouver le mauvais comportement des moins bons. Pour se faire, pourquoi ne pas imaginer la création d'un label ? Je le sais, des labels, il en existe déjà beaucoup mais plus simple et plus souple qu'une loi trop cadrée, celui-ci permettrait de valoriser les produits conçus pour durer plus longtemps avec, en contrepartie, l'obligation d'indiquer clairement au consommateur le détail de ce qui justifie ce label. Encore une fois, l'objectif devrait être de donner la priorité du traitement au cas par cas, à la carte, selon les spécificités de chaque technologie, plutôt que de chercher à tout encadrer par une loi générale qui serait soit trop facile à contourner, soit trop contraignante à respecter pour les industriels les plus fragiles. Dans l'état actuel, le constructeur qui proposerait de son propre chef de telles facilités court non seulement le risque que ses efforts restent ignorés par le consommateur moyen ; mais aussi le risque d'être désavantagé par rapport à ses concurrents en s'imposant des contraintes supplémentaires. Ce qui n'est pas normal.

Bien sûr, comme tous labels, celui-ci ne serait pas forcément courtisé par toutes les marques et ce n'est d'ailleurs pas le but. Oui, des fabricants discount continueront (tous ?) à vendre du jetable à prix imbattable sans se soucier de ces questions. Et ils continueront à le faire parce que nous continuons à l'acheter. Cela n'empêche, ce label serait l'occasion de proposer une arme commerciale intéressante pour ceux, quelle que soit leur réputation établie ou leurs moyens de communication, qui souhaiteraient prouver aux consommateurs qu'ils sont prêts à faire un effort de plus pour les respecter encore d'avantage.

Sport, probabilités et darwinisme

Me voila tracassé depuis de nombreuses années par un problème mathématique (tout droit sorti de mon esprit tordu) que voici :

Nous sommes en 2083 et la fédération interplanétaire de football me charge d'organiser deux compétitions aux mécanismes de sélection bien connus des sports de ballon : une coupe et un championnat.
• Pour la coupe, les participants seront si nombreux qu'il nous faudra commencer au 536 870 912e de finale ! Cependant, comme la moitié des participants se font éliminer à chaque tour, le vainqueur ne devra disputer et remporter « que » 30 matchs pour se hisser jusqu'à la finale et remporter la fameuse coupe.
• Le championnat, quant à lui, ne concernera que l'élite et aura donc un nombre de participants plus modeste : 31 équipes devront s'affronter mutuellement, empochant à chaque match 3, 1 ou 0 points selon leur résultat. Lorsque toutes les équipes auront disputé tous leurs matchs, celui qui aura accumulé le plus de points remportera le titre. Beaucoup moins d'équipes et pourtant là aussi, l'équipe gagnante, comme toutes les autres d'ailleurs, devra jouer 30 matchs.

Jusque là, rien d'exceptionnel : deux modes de compétition à la mécanique bien rodée, pour lesquels les vainqueurs devront obligatoirement disputer 30 matchs. C'était sans compter sur la découverte que j'ai fait dans mon laboratoire un soir d'orage 1994. Où j'ai compris qu'avant même de disputer le moindre match, le futur vainqueur de la formule championnat a beaucoup plus de chances de perdre quelques-uns de ses 30 matchs que le futur vainqueur de la coupe qui lui, n'en a tout simplement aucune.
En effet, pour la formule coupe, nous sommes absolument certains que l'équipe gagnante, quelle qu'elle soit, n'aura perdu aucun match. Au pire, celle-ci aura fait des matchs nuls (remportés aux tirs-au-but, pour accéder au tour suivant) mais sur 30 matchs, elle ne concèdera à coup sûr aucune défaite.
En revanche, pour la formule championnat, sur le même nombre de matchs à disputer, les chances de trouver une équipe n'ayant jamais perdu ne sont non seulement pas garanties, mais elles sont même plutôt faibles si toutes les équipes sont d'un niveau comparable.

Deux futurs vainqueurs égaux devant les règles du jeu, égaux devant le nombre de matchs à disputer, mais pas devant la probabilité de concéder des défaites. Beaucoup d'entre vous trouveront sans doute cela logique, mais pas moi ! ;-)

Archéologie domestique



« Un moment bref mais curieux est celui qui voit, entre 1840 et 1870, des milliers de tonnes de boues issues du curage des latrines de Paris être répandues sur la banlieue nord afin de former une couche de terre noire collante, pleine de tessons de faïence, de 20 à 30 centimètres d'épaisseur, qui va servir à faire pousser les succulents légumes. »

Chroniques balbyniennes, page 28.

Prévention routière : et si l'on se moquait ?

Je suis de plus en plus gêné par la façon dont les organismes chargés de la sécurité routière communiquent dans leurs compagnes de prévention. Il s'agit souvent de prévenir par la peur, avec des images qui vous font imaginer (ou pire encore, qui vous rappellent) la mort de vos proches ou d'autres personnes que vous pourriez tuer ou handicaper. D'autant plus préoccupant que depuis les années 90, cela évolue vers une forme de surenchère avec des messages de plus en plus chocs, culpabilisants, voire traumatisants. Comme s'il fallait en ajouter toujours d'avantage pour que les automobilistes comprennent bien ce que ceux qui sont chargés de leur sécurité ont à leur dire.



Or, il me semble que la peur du danger est une arme à double tranchant car si elle peut effrayer les gens raisonnables, elle peut aussi valoriser ceux qui l'ignorent ou la défient. Je parle ici d'un certain type de chauffard qui, dans son petit monde à lui, est persuadé que les autres conducteurs l'admirent pour sa manière de prendre des risques au volant. Vous savez, celui qui zigzague entre les voies d'une route chargée pour montrer qu'il est le plus malin ; celui qui publie sur internet les vidéos de ses exploits en vitesse, en course ou en « rodéo » ; celui qui n'utilise jamais ses clignotants, sa ceinture de sécurité, et ne respecte pas les feux pour bien montrer qu'il n'en a rien à faire de vous comme de l'autorité policière ; celui qui veut montrer à ses amis qu'il n'a pas peur de la mort en (les) conduisant en état d'ébriété. D'une certaine manière, la prévention par la peur valorise ceux-là qui, justement, veulent absolument vous convaincre qu'ils sont plus courageux que vous.

Alors pour que ces gens comprennent, je me demande s'il ne vaudrait pas mieux passer par la porte de derrière en employant la dérision. Les ridiculiser, taper sur leur fierté, là ou ça pourrait vraiment leur faire mal. Des choses un peu plus incisives que le gentillet « tu t'es vu quand t'as bu » (utilisé dans les 90's pour la lutte contre l'alcoolisme) et qui, pendant qu'on y est, inverserait la mécanique de communication habituelle en amusant les conducteurs raisonnables tout en se moquant chauffards.

À titre d'exemple simple et rapide, imaginez un spot dans lequel un groupe de copains en voiture se moquerait grassement d'un chauffard qui tenterait de les impressioner sur la file d'à côté. Une scène réaliste que, finalement, nous avons tous vécu un jour et qui nous a tous fait réagir, parfois avec humour — pour peu que vous ayez des amis un peu taquins. Montrer une bonne fois pour toute à ceux qui pensent être les « seigneurs de la route » ce que les autres automobilistes pensent (vraiment) d'eux.
Formaliser une campagne de communication est un travail qui demande du temps, des moyens de production, des idées, une expertise, et je ne vais évidemment pas improviser sur ce blog LA campagne idéale. Mais si seulement l'un de ceux qui pensent la prévention routière pouvait essayer, ne serait-ce qu'une fois, pour voir, de communiquer sur ce public précis autrement par la peur, sachez que j'en serais ravi !

Dans cette vidéo, c'est une mamie qui nous donne l'exemple. Rigolo, mais je trouve que l'effet est affaibli par le côté improbable de la scène :



----
Édit 9/01 : dans les bons exemples, je me souviens d'un spot de prévention (je ne crois pas qu'il eut été diffusé en France) dont le message était en substance : « imaginez si vous vous comportiez à pied comme vous vous comportez au volant ». On pouvait y voir un piéton marcher en collant un autre ; un autre faisant une queue de poisson à celui qui le devance tendis que son homologue double une file d'attente sous le regard médusés de ceux qui attendent ; et autres joyeusetés bien connues des automobilistes. Un procédé simple, qui mettait clairement en évidence le ridicule des comportements des uns, tout en amusant les autres. Je n'ai malheureusement pas réussi à retrouver les images.

Un classement Twitter thématique


À télécharger en PDF ici.

Je le sais, comme tout le monde, vous détestez les classements. Ce n'était pas prévu au départ mais puisque je disposais des données pour le constituer, j'ai pensé qu'il ne manquait pas grand chose pour le mettre en forme (rapidement, j'en suis désolé) et pour le publier. Alors je l'ai fait. En effet, ce classement, qui tente de rassembler les 500 comptes Twitter français les plus suivis (agrémenté de quelques statistiques maison), est un rejeton de l'affiche « Mon Twitter » que j'avais publiée ici même il y a deux semaines (projet qui devait normalement concerner les plus gros comptes francophones et que j'avais finalement choisi de recentrer sur les tweeteurs que je suivais, comme expliqué dans sa présentation). Le corpus s'appuie sur celui de Twopcharts auquel j'ai ajouté environs 10 % de comptes qui n'y étaient pas classés pour des raisons qui m'échappent (Twopcharts est un excellent outil mais une fois de plus, j'ai eu la preuve que la recherche manuelle a parfois du bon). L'intérêt majeur de ce top 500 est de proposer un classement thématique, ce qui devrait permettre à la fois au néophyte de trouver quelques comptes à suivre sur Twitter (même si un grand nombre de followers ne garantit pas la qualité du contenu), mais aussi au connaisseur de pouvoir éventuellement en tirer quelques analyses. Par ailleurs, ce classement a la particularité d'intégrer les français basés à l'étranger, y compris lorsqu'ils tweetent dans la langue de Shakespeare. Bref, grâce au temps passé en tri et recherches manuelles, vous devriez y trouver bon nombre de comptes qui ne sont pas dans les autres classements (revers de la médaille : celui-ci ne sera pas mis à jour et perdra donc de son intérêt avec le temps).
Il y a donc un peu de boulot derrière m'enfin bon, soyons honnête : cela reste un petit projet que je publie surtout pour ne pas regretter de l'avoir laissé au fond d'un tiroir.

Attention, les données datent de début avril, donc pas de la première fraicheur (désolé pour l'odeur). Par conséquent, il est probable que les personnalités fortement médiatisées ce mois-ci soient, pour une fois, un peu défavorisées. Par ailleurs, je précise qu'il est tout à fait possible que quelques comptes soient passés aux travers des mailles de mon filet (il aurait sans doute fallu faire des mois de recherches pour être à peu près certain de n'oublier personne).



Avec ses 1,90 m de long, son fond noir et ses textes corps 6 en défonce, le fichier PDF n'est pas vraiment conçu pour être imprimé. À consulter de préférence à l'écran, donc (vous profiterez ainsi du zoom et du moteur de recherche de votre lecteur PDF). Je n'ai passé qu'une petite journée sur la mise en page et me suis contenté de « faire propre », comme on dit.

Pour les chasseurs de data, je précise que pour repérer des comptes français qui n'étaient pas classés par Twopcharts, j'ai d'abord créé un compte (appelons-le « vivarium ») avec lequel j'ai suivi les 2000 comptes francophones (ou anglophones tenus par des français) les plus suivis d'après Twopcharts. Ensuite, j'ai utilisé le très bon Followerwonk pour analyser la liste des abonnements d'une centaine de comptes choisis (profils plutôt connaisseurs, de thématiques différentes). Comme j'étais identifié sur Followerwonk avec le compte vivarium, l'outil m'indiquait facilement les comptes importants auxquels chaque sondé était abonné mais auxquels mon « vivarium » n'était pas abonné. Il ne me restait plus qu'à ajouter ceux-là à mon vivarium, tel un chasseur d'insectes. Ma prospection effectuée, j'ai extrait la liste des abonnements de mon compte vivarium sur Excel (toujours à l'aide de Followerwonk) pour attaquer le traitement des datas (virer les non français, classer les comptes par thématiques, calculer les statistiques, construire un fichier facilement exploitable sous inDesign). J'ai utilisé Followerwonk sans avoir souscrit d'abonnement payant, façon patience et débrouille.


Le lit de mes enfants

1 — Au départ, un lit modèle « Lancelot », acheté sur un coup de tête en 2008 dans un magasin Fly. Nous profitons d'une importante ristourne sur le modèle d'exposition que nous achetons sans la commode et le bureau assortis (photo commerciale chopée sur un site de déco).



2 — Le lit de mon fils ainé, tel qu'il est resté jusqu'en novembre dernier. Pieds coupés pour tenir sous la faible hauteur de plafond. Le mince velcro qui tenait les rideaux s'est décollé.
Notre deuxième fils grandit, son lit bébé devient un peu juste et nous prenons la décision de transformer le meuble en lit superposé.



3 — Modification de la structure. Une échelle centrale est recréée à base de cordages marins (la plupart des lits superposés vendus dans le commerce sont conçus avec une échelle latérale qui n'aurait pas convenu à la pente de notre plafond). Les pieds sont surélevés de 3 centimètres (uniquement pour pouvoir glisser sous le lit un certain modèle de boite Ikéa, bien pratique pour ranger les Legos… on ne se refait pas). De solides panneaux de medium sont ajoutés de chaque côtés de la partie haute pour parer aux chutes. Les vis d'origines, un modèle apparemment bien spécifique au mobilier Fly, étant introuvables dans le commerce, je me débrouille pour réutiliser uniquement celles des parties du lit dont je n'ai plus besoin (un casse-tête). Ne figure pas sur la photo un renfort que j'ai ajouté entre les montants de l'échelle, au niveau du sommier supérieur, afin d'éviter que la structure ne se déforme trop lors de l'utilisation de l'échelle.



4 — Ma compagne s'occupe de confectionner un habillage en tissu (2 couleurs différentes de tissus antitache), que je peins et auquel j'agrafe des feuilles découpées dans la feutrine. Plusieurs tests sont nécessaires afin de trouver la bonne méthode de peinture (finalement, de simples bandes de Scotch Christal ont suffit à assurer des lignes aux contours propres). Avant de peindre, il a fallut quasiment tout recoudre et rapiécer suite suite au rétrécissement du tissu provoqué par un lavage qui a mal tourné (à 30°, pourtant) — ce qui explique que les bandes verticales situées au dessus et en dessous de chaque fenêtre sont un peu courtes à mon goût. L'habillage est fixé à la structure grace à de solides bandes velcro de 5 cm de large.



5 — Nous nous sommes permis un retour à chaque arrête latérale, afin d'augmenter un poil l'illusion de l'habillage. Pour fixer les feuilles, j'ai trouvé par hasard dans mon hypermarché local, quelque chose dont je ne soupçonnais pas l'existence : des agrafes de couleur verte (mais oui, cliquez l'image pour agrandir si vous ne me croyez pas). À son extrémité, l'échelle est traversée par un ultime passage de corde, destiné à éviter les glissades au moment de la descente.



6 — Comme les matelas que nous avions récupérés étaient plus courts que la longueur des lits, j'ai profité de l'espace vide pour y fabriquer des coffres. Ces derniers font office de mini tables de nuit, idéales pour ranger des livres et poser quelques objets sur leur demi couvercle amovible. Ainsi, chacun de mes loulous dispose de son petit coffre à trésor.



Coût total de l'opération : à peu près 350 € (tissus, bois, peintures et quelques accéssoires et outils spécifiques). Donc, moyennement rentable, gourmand en temps de travail et pas forcément d'une conception et d'une réalisation exemplaire mais c'est notre lit, à tous les quatre. Comme disait Philippe Millot, mon ancien prof de typographie : « il faut faire ».

Idée ? Des stabilisateurs flexibles pour apprendre à faire du vélo



Pour familiariser les jeunes enfants à la pratique du vélo, on utilise généralement une paire de stabilisateurs à roulettes fixée sur la roue arrière. Cependant, lorsque vient l'âge d'apprendre à faire du vélo comme un grand, ces petites roulettes deviennent handicapantes dans le sens ou elles habituent l'enfant à un certain confort qui ne le pousse plus naturellement à chercher son équilibre. Il existe bien une astuce qui consiste à relever la hauteur des roulettes mais certains enfants sont encore capables de rouler penchés pour profiter jusqu'au bout de leurs précieux 4 points d'appui (exemple vécu cet après midi avec ma filleule Pauline ;-).
Devant ce constat, j'ai pensé qu'il pourrait être intéressant d'utiliser un système de stabilisateurs aux attaches suffisamment flexibles pour ne pas trop porter le vélo lorsque l'enfant roule en équilibre, tout en étant assez rigide pour empêcher (ou ralentir) la chute lorsque le vélo est en déséquilibre. Ainsi, par l'instabilité provoquée par les fixations souples (avec ce type de ressort, par exemple) des roulettes, l'aprenti cycliste serait spontanément amené à chercher son équilibre, sans pour autant risquer la chute.

En attendant, vous aurez toujours la possibilité d'initier votre enfant à cette méthode d'apprentissage.

Mon Twitter



J'ai longtemps hésité, plusieurs fois refait, arrêté puis repris mes recherches sur ce qui devait être à l'origine « une cartographie de Twitter ». J'ai commencé par étudier un corpus limité aux comptes les plus populaires, ce qui pour Twitter et dans mon esprit s'avérait être un piège. En effet, les comptes les plus suivis sur Twitter appartiennent très majoritairement à des célébrités qui publient un contenu orienté fans (lorsque ce n'est pas un community manager qui le publie à leur place), c'est-à-dire peu intéressant pour le grand public. Bref, autant sur mes précédents projets cela m'intéressait de concevoir des cartographies qui pouvaient permettre au public de découvrir le monde des blogs (en septembre 2007, déjà !) et celui des forum (juillet 2008) à travers les plus importants d'entre eux, autant mes diverses recherches et réflexions m'avaient amenées à considérer qu'un tel projet s'avérait moins adapté à Twitter. Il était alors devenu évident dans mon esprit que si « cartographie de Twitter » je devais concevoir, elle serait dédiée non pas aux comptes les plus populaires mais plus simplement aux comptes que j'aime et que je suis, à la manière d'un hommage. Mon Twitter, en quelque sorte.

Et puis finalement, ce n'est pas non plus une cartographie que je vous livre ici puisque je n'ai pas souhaité hiérarchiser mes abonnements par zones thématiques à la manière de territoires (cela aurait été trop réducteur, pour la plupart des comptes) ou par un quelconque ordre d'importance entre utilisateurs (pas dans l'esprit). Non, puisque sa concision le permet, je voulais que ce soit le contenu qui soit mis en avant, en abondance et en vrac, un peu comme ce que l'on ressent sur Twitter. Tout juste me suis-je autorisé un jeu de couleurs qui peut permettre à vos yeux de se repérer rapidement à travers quatre types d'information :
— en blanc, des tweets sélectionnés parmi la production des 206 comptes auxquels je suis abonné ;
— en rose, des statistiques qui concernent mes abonnements (utilisateurs les plus anciens inscrits, les plus prolifiques, etc.) ;
— en vert, moins nombreux, ce sont d'autres statistiques, davantage centrées sur le rapport que j'entretiens avec mes abonnements (les utilisateurs qui m'ont unfollow, ceux qui ont le plus d'abonnement en commun avec moi, etc.) ;
— enfin, en jaune et en contrepoint, mon portrait à la fois moqueur et admiratif du « tweeteur modèle », que j'imagine un peu comme notre soldat inconnu, l'Arc de triomphe en moins (ces « papiers » jaunes sont répartis au hasard, ils n'ont pas forcément de rapport avec les citations contiguës et leurs auteurs).

Ils sont donc un peu plus de 200, ces utilisateurs qui constituent mon Twitter. Je les suis pour quelques-uns depuis le jour de mon inscription, le 6 février 2010 (je suis un jeunot sur Twitter) et depuis quelques semaines seulement pour d'autres. Il y a certains d'entre eux que j'ai déjà vu en slip et d'autres que je connais un peu moins, voire pas du tout. Des abonnements que j'ai parfois choisi sans hésiter et d'autres que j'ai validé par curiosité ou par politesse. Il y a même quelques comptes dont je m'étais désabonné avant d'y revenir avec plaisir, parce que ma perception et ma pratique avaient évolué entre temps. Surtout, et ça ne figure pas sur l'affiche, la sensation excitante d'avoir des milliers d'autres tweeteurs à découvrir.

Le résultat de mes recherches se présente sous la forme d'une affiche au format d'impression 40 x 60 cm (je n'ai malheureusement pas pu descendre jusqu'au A3 pour des raisons de lisibilité du texte — de toute façon, je ne pense pas que vous serez nombreux à vouloir l'imprimer) dont le fichier est parfaitement consultable à l'écran, notamment dans sa version PDF qui inclut tous les liens cliquables (certaines citations comportent des liens vers des pages web, il suffit de les cliquer directement sur l'affiche pour s'y rendre). Comme nous sommes sur internet, j'ai également mis en ligne une version JPEG, plus facile à manipuler mais qui ne comporte aucun lien.



À propos des chiffres
Malgré son esprit un peu brouillon, la conception de cette affiche a nécessité beaucoup de travail, dont une bonne partie pour constituer une base de données assez gigantesque (45 colonnes d'information pour chacun de mes 206 sujets). Au final, après plusieurs changements de cap concernant l'esprit et la forme que devrait prendre mon usine à gaz, j'ai choisis d'aller vers la simplicité et de n'exploiter qu'une petite partie des données collectées (les 5 premiers de certaines colonnes, pour les papiers roses et verts). C'est assez frustrant, et je devais vous le faire partager ;-) Quoi qu'il en soit, si cela peut servir à d'autres, voici la liste des outils que j'ai pu utiliser librement pour collecter mes données :
Ma page abonnements sur Twitter : Permet d'obtenir sur une seule page la liste de ses abonnements dans l'ordre, du plus récent au plus ancien, avec les bios et photos de profil de chacun.
twocharts.com : Permet d'obtenir en une seule fois : la localisation de l'utilisateur, sa date d'inscription à Twitter, son nombre d'abonnements, d'abonnés, de tweets et, pour les utilisateurs les plus anciens et les plus populaires seulement, l'évolution de ces chiffres sur les mois passés. Sur d'autres pages (fouiller dans le menu du haut de page), ce site permet également de connaître, entre autres, le nombre de mentions reçues et envoyées, ainsi que le nombre de retweets obtenus (sur les 200 derniers tweets seulement). Une véritable mine d'or pour les chasseurs de data !
friendorfollow.com : Permet de connaître la part de suivants, de fans et d'amis de chacun (Twopcharts propose aussi cette fonction mais je la trouve plus claire ici).
twtrfrnd.com : Permet de connaître le nombre d'abonnés et d'abonnements en commun entre deux utilisateurs.
followerwonk.com : Propose une grande quantité de données, très bon notamment sur l'analyse des abonnements/abonnés d'un utilisateur. Conseil : en usage gratuit, l'utilisation du service requiert le respect d'un système de crédits rechargeables toutes les 2 heures. Sur les gros corpus, mieux vaut donc faire preuve de patience et bien gérer son temps ! Ce site m'a permis d'analyser la taille des comptes que suivent mes abonnements (pourcentages de petits, moyens ou gros).

À propos des citations
Concernant les citations copiées sur les papiers blancs, pour des raisons d'espace et de ligne éditoriale, j'ai dû opérer une sélection drastique. Par conséquent, environ un tiers des gens que je suis n'a aucun tweet cité sur l'affiche, y compris des comptes que j'apprécie énormément et y compris des comptes d'amis proches : pardon, pardon, pardon mille fois ! J'espère que vous ne m'en voudrez pas — de toute façon, il est fort possible que ce projet n'intéresse pas grand monde. À l'inverse, il est tout à fait possible que je sois passé à côté de très bons tweets, notamment parmi les plus anciens publiés. Là encore, si c'est le cas, veuillez par avance accepter mes excuses. Voici la liste des outils que j'ai utilisés librement pour repérer les tweets les plus populaires de chacun, et ainsi faciliter ma sélection dans un délai respectable :
resonancers.com : Ne fonctionne que pour les plus gros comptes mais fonctionne bien.
twtrland.com : Les tweets les plus retweetés de chacun (généralement sur une durée relativement récente).
favstar.fm : Celui-là est basé sur le nombre de favoris et offre donc un autre panel de tweets.
topsy.com : Cliquer sur « All time » dans le menu de gauche pour une meilleure efficacité.
Google : Avec la bête requête « c_druaux/status » peu fiable sur la durée (le partenariat entre Twitter et Google n'a été effectif que de décembre 2009 à juillet 2011) et beaucoup de déchets. Mais peut dépanner.

Quelques articles pour mieux connaître Twitter
Le top 10 des relous sur twitter, sur le blog de Henry Michel (qui s'était même risqué à “une carte de la Twitto Franco”)
Twitter : comment j’ai quitté 2900 followers, sur le blog de Henry Michel
Comment devenir une star de Twitter, sur Slate.fr, par Vincent Glad
Le top 10 des twitterers français, sur feu BienBienBien, par Vincent Glad (2009)
Twitter Psychology, par White Fire
twitteradar.com, blog dédié à la pratique de Twitter
Les journalistes français sur Twitter vus comme un graphe, sur Ina Global
Cartographie de la circulation de l'info sur Twitter, chez Spintank
L'influence sur Twitter: 54 millions de comptes passés au crible, par Jean-Nicolas Reyt
TopTweet 2011, par un anonyme
Le dictionnaire référence de Twitter, par FilGB
Twitter : pourquoi les #FF Follow Friday font-ils un flop ?, par Ludovic Boursin sur Les Échos



Les liens de tous les tweets cités sur l'affiche
En cas de besoin…
embruns1, embruns2, narvic, HenryMichel1, HenryMichel2, GeoffreyDorne, matoo, GyojiShukke, Vinvin1, Vinvin2, Maitre_Eolas1, Maitre_Eolas2, LucMandret, FredCavazza, versac, gfouetil, DavidAbiker, monsieurlam, aixtal, Jean_no, nodesign1, nodesign2, gunthert, ebouquin, ff_ff, vincentglad1, vincentglad2, shadowsfr, jeremie34, FilGB, unabrow, palpitt, preums, fruey, Alcanter, JeanReneCraypio1, JeanReneCraypio2, marcbotte, ek333, fguillot, PRland, eni_kao, culturevisuelle1, culturevisuelle2, OfficialSofoot, gabyu, petitesphrases, twitter_fr1, twitter_fr2, DavidSerrault, Bouletcorp1, Bouletcorp2, UFCquechoisir, BenoitWimart, xporte, Korben, SylvieTissot, bravepatrie1, bravepatrie2, opendataParis, GillesKLEIN, marktheugly, Hugues_Serraf1, Hugues_Serraf2, Hugues_Serraf3, naimdb, humourdedroite1, humourdedroite2, AlexHervaud, zythom, RadicalChic, gilda_f, Rue89, rosselin, guybirenbaum, jdflaysakier, xternisien, mouloudachour, flogazan, Romain_Pigenel, les3points, cahiersdufoot, LoicHRechi1, LoicHRechi2, artypop, Zgur_, lmargueritte, ruquierofficiel, soymalau1, soymalau2, patricecassard, samuellaurent, alicanth, mrsize, LANDEYves1, LANDEYves2, desgonzo1, desgonzo2, desgonzo3, Charlie_Hebdo_, siankowski, Raymon_Domenech, xmoisant, bernardpivot1, oeilduviseur, DidierRoustan, sgtpembry, Vidberg, Navavo, C_Druaux

Et meilleurs vœux !

@ Christophe Druaux

Le 13 janvier 2012, la France vient de perdre son fameux « triple A » et il me reste tout juste 17 jours pour vous souhaiter la bonne année.
Une carte de vœux qui n'en est pas vraiment une, conçue comme une photographie prise sur le vif.

Merci Free !

Mardi dernier, je me suis senti honoré par la présentation qu'a fait Xavier Niel de Free Mobile. Honoré, oui, c'est le mot. À tel point que si j'avais été présent dans la salle de conférence, j'aurais sans doute poussé un de ces cris aigus qui ont salué les offres annoncées, tel un blogueur californien en short invité à une Keynote d'Apple.

Je me suis senti honoré car je fais partie des quelques grognards qui n'ont jamais voulu souscrire à un abonnement téléphonique incluant de l'internet mobile. Entendons-nous bien : j'avais les moyens de m'offrir un tel abonnement mais je trouvais précisément cela trop cher. Durant toutes ces années, on se moquait de moi, on me crachait dessus dans la rue, on m'unfollowait (j'adore conjuguer unfollow). Mes enfants faisaient l'objet de railleries dans la cour de leur école maternelle parce que leur papa ne pouvait pas se connecter au WWW depuis son portable. Si ça n'avait touché que moi, passe encore mais quand ça touche les enfants, je vous jure que c'est difficile à vivre (les sanglots me viennent en écrivant ces lignes).
Bref, contre vents et marées, j'ai tenu bon.

Bien sûr, comme beaucoup, j'en avais pourtant besoin. Je me débrouillais chez SFR avec un forfait à 12 euros par mois pour 1 h 30 de voix (en cumulant négos et avantages fidélités — il faut dire que je ne suis pas un grand ami du téléphone dont je ne me sers qu'en cas de nécessité absolue) complété en cas de besoin par un « pass » 3G à 35 euros qui me permettait de me connecter à internet depuis mon iPad lors de mes vacances. Pour ces 35 euros, SFR me donnait droit à 1 Go de données… avec une scandaleuse durée d'utilisation limitée à 2 mois, qui en dit long sur l'état d'esprit des opérateurs historiques. Donner 35 € de temps en temps à SFR pour un service aussi mesquin me filait des boules au ventre mais au fond de moi, je savais que ça ne durerait pas. Car bien avant que Free n'annonce officiellement sa volonté de s'attaquer aux opérateurs mobiles, je l'attendais déjà, comme une évidence. Tous les soirs, l'oreille collée sur le haut-parleur de ma TSF, j'attendais LE message d'annonce.

Alors depuis quelques jours, je jubile peut-être un peu plus que « les pigeons » en voyant Orange, SFR et Bouygues, pourtant prévenus, tenter de s'aligner en catastrophe, avec des offres bricolées qui sont encore loin d'arriver à ce que Free Mobile propose. L'offre la plus spectaculaire proposée par le nouvel opérateur étant celle dont on parle pourtant le moins dans la presse, c'est à dire le forfait à 2 euros pour 60 minutes de communication vocale (gratuit pour les détenteurs de Freebox), avec surtout la minute de dépassement facturée à 5 centimes (c'est à dire 3 euros pour chaque heure supplémentaire). Je rappelle que la grande majorité des abonnées au téléphone mobile n'ont pas (besoin ?) d'accès internet et ne possèdent pas de couteux (et éphémère) smartphone. Par conséquent, à elle seule, cette offre va faire économiser plusieurs centaines d'euros par an à des millions de Français — y compris à ceux qui ne sont pas abonnés chez Free, grace au mécanisme concurrentiel qui se déclenche enfin. Ce n'est pas rien.

Je ne pense pas me tromper en avançant que ce qui s'est passé mardi dernier est un fait unique dans l'histoire de l'industrie française. En 30 minutes, un homme a dynamité un marché national, qui plus est l'un des plus lucratifs qui soit. Il a puni les opérateurs historiques, déjà condamnés en 2005, puis 2007 pour entente par le Conseil de concurrence — sans que rien n'ait d'ailleurs changé depuis. En passant, il a aussi donner un petit taquet à l'État et son scandaleuse « forfait RSA » (il faut dire qu'en bon crevard, je bénéficiais moi-même d'un forfait téléphonique plus intéressant que celui proposé à ceux qui touchent le RSA, c'est dire…). Mieux encore, au delà de la simple annonce commerciale, Xavier Niel a déployé un argumentaire militant et déterminé pour expliquer pourquoi et comment Free Mobile allait faire mieux que tout le monde. Enfin, pour glorifier l'esprit discount, il s'est même offert de luxe de présenter tout cela avec une chemise débraillée dont les manches étaient trop larges (si, si, regardez bien les images).

Alors, quoi que vous pensiez de Free Mobile, IL FAUT écouter la présentation de Xavier Niel :

Mes deux jeux vidéos préférés qui n'existent pas (?)

Enfin je titre qu'ils n'existe pas mais peut-être — probablement, même — que l'un d'entre vous me prouvera le contraire, et ce sera très bien. C'est d'ailleurs un peu pour cela que je me décide à écrire cet article ;-) Références et liens bienvenus, donc !

Joueur dans l'âme, mais de plus en plus casual, je regrette le côté un peu stéréotypé des blockbusters du jeu vidéo sur console (sur tablettes, smartphones et sur consoles portables, c'est différent). Il n'y a qu'à observer les guides d'achat des sites spécialisés pour s'en rendre compte. Dans celui de Gamekult, sur 28 jeux sélectionnés pour l'année 2011, nous avons 13 FPS/RPG (jeux d'aventure 3D en vue subjective) ; 3 simulations de sport ; 4 jeux de course ; 4 jeux de combat ; 2 jeux de plateformes. Concepts vus et revus, certes correctement réalisés mais qui se vendent principalement parce qu'on y met chaque année « un peu plus de réalisme » et/ou « de graphismes époustouflants ». Le réalisme et le graphisme (plus généralement, l'ambiance du jeu), voilà ce qui fait vendre. La pertinence du gameplay passe très souvent loin derrière. Certes, le succès d'Angry Birds a donné un grand coup de pied aux fesse à l'industrie du jeu vidéo mais finalement, rien n'a vraiment changé côté consoles. On connait la recette qui fait gagner des millions, pourquoi en changer ? Pendant ce temps, moi, j'attends (je recherche ?) toujours ses deux jeux désespérément :

Un BON jeu de foot fun

Longtemps joueur de PES, j'ai switché, comme beaucoup, sur FIFA il y a 3 saisons. Malheureusement, FIFA tient aujourd'hui à peu près les mêmes symptômes que son concurrent en 2008 : peu d'améliorations entre chaque nouvelle version annuelle et un gameplay qui tire toujours un peu plus les scores vers le 0-0 à chaque match. Les éditeurs se concentrent sur l'aspect simulation et les jeux doivent coller au maximum à la (pourtant pas très jojo) réalité du foot pro moderne. Les journalistes spécialisés s'émeuvent un peu plus chaque année de la « qualité » de la modélisation faciale des joueurs (qui sont pourtant toujours aussi mal fichus), et au royaume de la simulation toute puissante, le manque de fun est bien évidemment assumé par tout le monde.
Moi, je rêve d'un jeu de foot dans lequel on puisse gagner 10 à 8 sur un match de 10 minutes ; où l'on puisse paramétrer la taille des buts (imaginez des cages de 5 mètres de large sur un terrain de hand — et donc forcément une stratégie défensive à organiser en conséquence), la taille du terrain et la physique du ballon (rebonds incroyables ou tirs brossés exagérés) ; où l'on puisse jouer avec les vraies règles, mais aussi à 4 équipes sur un même terrain à 4 buts (je suis fou !) ; un jeu ou il y aurait possibilité de faire un replay lorsque l'on rate une action (pour tenter une nouvelle fois de la réussir) ; ou l'on pourrait jouer avec un joueur de 3 mètres de haut dans chaque équipe ; ou l'on disposerait d'un mode d'entrainement qui donnerait accès à toute une palette de mini jeux (tennis-ballon ; parcours du combattant façon jeu de plateforme ; entrainement aux reprises de volée contre un mur ; foot-golf ; et tant de choses à inventer…). Bref, je rêve d'une cour-de-récréé dans laquelle les gamers, grands ou petits, pourraient faire un peu ce qu'ils veulent avec un ballon pourvu qu'ils y prennent du plaisir. Et qui serait finalement l'antithèse de ce qui cartonne aujourd'hui, rien que ça.
Cependant, vous avez raison : il y a déjà eu des jeux de ce type, mais qui à mon sens manquaient d'ambition (du côté de Mario/Nintendo ; et je me souviens également d'un titre sur NeoGeo dans les années 90, qui avait l'air bien barré pour l'époque). En tout cas, je trouve que le genre est trop peu exploité par les éditeurs, tandis que les PES et FIFA sont de plus en plus gnangnans malgré leur rentabilité.

Un jeu d'aventure coopératif, sratégique, simple, vu de dessus, en temps réel

Trois exemples imparfaits pour illustrer cet intertitre laborieux : Gauntlet sur CPC (années 80) ; le très bon Syndicate du début des années 90 ; ou encore l'excellent Baldur's Gate : Dark Alliance du début des années 2000. L'aspect stratégique est surtout vrai pour Syndicate ou l'on pouvait s'organiser de véritables opérations d'infiltration à plusieurs joueurs, sur un même écran, en temps réel. Le tout sans pour autant tomber dans une jouabilité usine-à-gaz comme on en voit trop souvent dans les jeux de guerre dans lesquels il faut diriger 350 éléments simultanément. En évitant également l'écueil de la jouabilité tour-par-tour des RPG classiques que, personnellement, je n'apprécie pas. Dans ces jeux, chaque joueur dirigeait son unique personnage et pouvait simplement l'équiper selon l'objectif à atteindre pour chaque niveau. Des principes simples mais diablement efficaces. Je me souviens particulièrement du plaisir que j'avais à jouer à Syndicate en duo. Jeu dans lequel un joueur pouvait attaquer un objectif en frontal à l'arme lourde pour faire diversion tandis que le deuxième joueur contournait ce même objectif pour réussir la mission en cachette. On pouvait parfois tout aussi bien réussir une mission sans avoir à tirer un coup de feu, juste en progressant assez discrètement.
Dans Baldur's Gate Dark Alliance, un joueur pouvait attirer une vague d'adversaires vers lui tandis que l'autre se cachait en embuscade dans un recoin pour les sniper à l'arc sans faire de bruit. Dans Gauntlet, certes mythique mais franchement plus bourrin, chacun devait tenir son front pour contenir les assauts de plusieurs dizaines d'adversaires… tout en progressant dans un labyrinthe. Parfois, l'un de joueurs craquaient et allait se planquer dans un coin pour finir seul le niveau tandis que son ou ses compagnons, à effectif réduit contre la meute, se faisaient massacrer. Non, ce n'est pas du vécu ;-)
Aujourd'hui, on voit revenir le genre aventure-coop’-temps réel là ou on l'attendait le moins : dans les jeux de plateformes (New Super Mario Bros et Rayman Origins). Malheureusement, même si ces deux là sont de très bons jeux, l'aspect plateforme, en vue latérale, élimine une bonne partie du potentiel stratégique (idem pour les jeux en vue subjective d'ailleurs, on l'on mise d'avantage sur les sensations que sur le gameplay). Dès l'antiquité, les militaires l'avaient compris : rien de mieux que la vue en hauteur pour organiser des mouvements de troupe.

Si ces deux jeux existent déjà (et surtout, s'ils sont intéressants !), n'hésitez pas à m'en faire part. Je ne suis pas un expert de l'actualité JV et il est tout à fait possible que je sois passé à côté.

Compassion


© Christophe Druaux

9 octobre 2011. Infographie comparative sur la différence de couverture médiatique de deux évènements dramatiques : la mort de Steve Jobs et la famine qui refait surface dans la corne de l'Afrique.
Chagrin des riches, chagrin des pauvres.

Et si on faisait évoluer la manière de commenter les matchs de foot ?

Si vous avez l'habitude de suivre ce blog, vous savez que je fais bien moins que je le devrais pour vous donner envie de me lire. Rythme de publication occasionnel ; ligne éditoriale inexistante ; absence permanente de votre serviteur dans les divers évènements organisés in real life autour des blogueurs, qui nous auraient peut-être rendus « amis » ; et même lorsque je décide de sacrifier quelques minutes pour écrire un billet, il me reste cette faculté extraordinaire à me focaliser sur des futilités. Ni grand penseur, ni expert, ni loleur, je ne fais décidément rien de ce qu'il faudrait pour valoriser ce blog. Vous ne serez donc pas surpris que le sujet du jour soit consacré à l'univers passionnant des commentaires de matchs de foot. Ou plutôt de ce que l'on pourrait faire pour les rendre plus intéressants.

Depuis l'Antiquité, les commentaires de matchs de foot n'ont pour ainsi dire jamais évolué. En gros, ce sont deux ou trois types qui passent 90 minutes à nous expliquer qui a le ballon, à nous livrer des bribes d'analyse sur le cours du match, et à boucher les blancs par quelques informations techniques (« il était en déséquilibre, sa frappe ne pouvait pas rentrer »). Quelle que soit la chaine, quel que soit le match, nous avons les mêmes commentateurs polis et rigoureux qui, certes, permettent d'emballer proprement un match, mais sans jamais chercher à apporter d'avantage de valeur ajoutée. Ne comptez surtout pas sur l'intérêt des commentaires pour contrebalancer l'ennui d'un mauvais match.

Pourtant, depuis des années, je rêve en secret d'une manière de commenter qui participe pleinement au spectacle. Remplacer nos duos consensuels par de véritables teams un peu plus canailles. Quelque chose qui, dans l'esprit, se rapprocherait de l'émission culte Enfin du foot, diffusée sur l'Équipe TV entre 1999 et 2005, dans laquelle Didier Roustan avait réuni autour de lui une équipe de journalistes sans costards (dont Pierre Ménès pour ses débuts télé) mais qui n'hésitaient pas à sniper les joueurs, à se couper la parole ou à carrément s'engueuler sur une analyse d'après matchs. Ambiance café du commerce bruyante et assumée, dont le côté passionnel ne dévalorisait pas pour autant l'expertise journalistique. Un format freestyle qui fut largement repris par la suite (100 % foot sur M6, Les spécialistes sur Canal+, On refait le match sur RTL, pour les plus connues) et qui a même finit par influer sur le PAF bien au delà du sport puisqu'il existe aujourd'hui plusieurs émissions télé ou radio du même type dans le domaine de la politique et de la culture.
Comme la bande à Roustan, j'aimerais que les gens qui commentent les matchs de foot aient le droit de prendre parti pour une équipe, de se chamailler à l'antenne, de se moquer (au propre comme au figuré) de ce qui se passe sur le terrain, de nous faire rire, de hurler lorsqu'il y a un but important, ou de taper du poing sur la table lorsque le ballon passe à côté. En fin de compte, j'aimerais que ces commentateurs soient mes compagnons de pizza.

Des équipes modulables de 5, 6, 7 ou 8 (?!) personnes pour commenter un match, dans laquelle chacun aurait son rôle :
— un maitre de cérémonie à l'ancienne (exemple : Thierry Roland, mais oui) ;
— plus 2, 3 ou 4 consultants un peu tchatcheurs, façon Pierre Ménès, Dominique Grimault, Didier Roustan, Christophe Dugarry, Eugène Saccomano, Franck Annese (sémillant rédac’ chef de SoFoot), et tant d'autres… ;
— accompagnés, pourquoi pas, d'un ou deux invités people qui viendraient apporter au groupe un contrepoids un peu plus amateur, voire complètement décalé. Imaginez un Fabrice Eboué ou un… Francis Lalanne, et toutes autres vedettes capables de jouer les trouble-fête ou simplement de soutenir une équipe à ses risques et périls.
Puisqu'il s'agit, en gros, de la composition-type des émissions qui descendent de Enfin du foot, je me demande tout simplement en quoi ces gens seraient moins intéressants pendant un match que sur un plateau d'après match ? Bien sûr, il ne s'agit pas tout à fait du même métier et doubler ou tripler le nombre de commentateurs sur chaque diffusion demanderait un minimum d'organisation… mais à priori rien d'insurmontable au delà d'une éventuelle période de rodage.

En attendant, le duo Thierry Roland - Jean-Michel Larqué pourrait de nouveau se réunir à l'occasion de l'Euro 2012. Joli coup pour M6 mais pas sûr que ce probable retour fasse progresser l'intérêt des commentaires de matchs de football.

Ci-dessous, l'équipe historique d'Enfin du foot.



Dans l'ordre, les consultants-débatteurs de 100 % foot (période Estelle Denis) ; la bande des Spécialistes de Canal + et l'actuelle « dream team » de l'Équipe TV :



En France on a pas une bonne équipe de foot, mais on a des idées

Ce soir, les joueurs de l'équipe de France de Football porteront pour la première fois un maillot en version marinière. Prise de risque inédite, polémique engagée, avis partagés. Pour Guy Roux, « sur le principe, c’est une honte. Il y a des symboles auxquels on ne peut pas toucher. Ceux qui ont hurlé après l’Afrique du Sud auraient dû hurler en voyant ce maillot. »

Un symbole ? Au lendemain de la campagne la plus honteuse de l'histoire de l'équipe nationale, le maillot bleu uni traditionnel n'est-il pas justement devenu un symbole… de la défaite ? Et si on en inventait un autre ? Tricot rayé porteur d'un vent de fraicheur qui soufflerait sur le foot français. Un maillot qui évoquerait une histoire, des valeurs et une élégance qui, enfin, dépasseraient le petit univers tuning et prétentieux de l'esthétique foot.
Oh bien sûr, les vrais de vrais continueront probablement à porter leur vieux maillot bleu de 1998 pour aller au stade. Mais les autres, des footix aux hools, et même ceux et celles qui n'aiment pas ou plus le foot… pourquoi ceux-là ne pourraient-ils pas se réjouir de voir venir du large ce nouveau maillot ?

Sport, gros sous et création, voici la petite histoire d'un maillot qui en dit long.



La France joue en vert - 1978

Avant toute chose, tentons de remettre le maillot des bleus dans son contexte. La tenue de l'équipe de France n'est ni le drapeau français, ni un vêtement vide de sens que l'on porterait simplement pour se protéger du froid. Dans sa forme classique, c'est un maillot qui porte un sens (supporter l'équipe nationale) et une histoire, celle, et uniquement celle, du football français. Sauf que malgré la place importante qu'occupe le foot dans les médias, son histoire française n'est en réalité pas très reluisante. Car si la France n'a jamais été un grand pays de sport, elle ne l'est pas d'avantage pour ce qui concerne le ballon rond.

Évidemment, sur un siècle de foot français, il y a forcément eu quelques bons crus. 1958, 1982, 1984, 1986, 1998, 2000, 2006, en dehors de ces 7 petites années de compétitions mondiales ou européennes, soit l'équipe de France ne s'est pas qualifiée, soit elle s'est faite éliminée au 1er tour. Pour une nation qui se situe au 4e rang mondial en nombre de licenciés, ça fait désordre (il reste 1,8 millions de footballeurs français en 2011, après les 8 % de défections qui ont suivi la coupe du monde). Quant aux compétitions de clubs, les résultats sont encore moins honorables, avec 2 titres remportés sur 124 compétitions disputées.
Comble du ridicule, malgré ces mauvais résultats, les français ont créé quasiment toutes les compétitions internationales liées au foot : la coupe d'Europe (à l'origine coupe des villes de foire), c'est nous ; la coupe du monde (trophée Jules Rimet), c'est nous ; les jeux Olympiques (Pierre de Coubertin), c'est nous ; le Ballon d'or (France Football), c'est nous. Nous sommes ce vieux camarade de collège qui ramenait toujours son ballon mais que personne ne voulait dans son équipe.

En plus d'être historiquement mauvais, nous cumulons encore aujourd'hui quelques handicaps :
• En France, le football a une mauvaise image. Aimer le rugby, c'est bien mais aimer le foot, c'est mal. C'est comme ça. Au fil des années, ne pas aimer le foot est devenu une posture valorisante. Le contraire de l'Angleterre, qui est pourtant le pays d'origine des hooligans (et du rugby), où supporter une équipe de foot est devenu une activité raffinée. Stades pleins, billets vendus chers à des supporters de bonnes familles, plus de grilles de sécurité entre terrain et public… De l'autre côté de la Manche, les personnalités adorent se montrer dans les gradins, un peu comme cela se fait chez nous pour le tennis ou aux États-unis pour le Basket — en France, mis à part Francis Lalanne et Micheal Youn, c'est plus rare.
• Ceci expliquant peut-être cela, les supporters français sont manifestement moins passionnés que les autres. Lors des grandes compétitions qui se déroulent à l'étranger, les supporters des équipes adverses sont toujours en supériorité numérique, quel que soit leur situation économique, géographique ou footballistique. Par exemple, en Afrique du Sud, il y avait d'avantage de Mexicains et d’Uruguayens que de Français dans les gradins. On aurait pu jouer un match de coupe du monde en Belgique contre le Bangladesh que les tribunes n'auraient toujours pas été à l'avantage des bleus. Même à domicile, lorsque l'équipe nationale joue contre la sélection du pays d'origine d'une communauté immigrée, c'est cette équipe qui recueille le plus d'encouragements (ou disons plutôt, le moins de sifflets). Autant de phénomènes totalement inimaginables dans les grandes nations du football.
• De manière générale, jouer n'est pas bien vu. Les enfants ne jouent plus dans la rue (surtout pas au foot, ça pourrait abimer les voitures en stationnement) ; les jeux vidéos ont mauvaise presse ; les jeux de société sont peu pratiqués (contrairement à d'autres pays, notamment l'Allemagne) ; et les emplois du temps laissent peu de place aux activité extra scolaires. Commence par bosser, tu t'amuseras ensuite.
• En mode compétition, nous avons pris la mauvaise habitude de positiver les défaites. Par exemple, défiler sur les Champs pour honorer la finale de coupe d'Europe perdue par l'équipe de Saint-Étienne en 1976 ; recevoir les bleus à l’Élysée après la défaite de 2006 ; nommer Bernard Laporte ministre des sports après qu'il ait échoué à la 4e place d'une coupe du monde de Rugby… Nous avons d'avantage fêté les échecs que les victoires. Dans le sport français, les entraineurs ont l'habitude « des défaites riches en enseignements » ou de perdre « malgré un bon match ». Au hasard de mes recherches, j'ai même trouvé un dossier de l'Internaute sur « ces défaites aussi mythiques que des victoires ». [Édit d'après match : contre la Croatie, « c'était un bon 0-0 » selon Laurent Blanc.]
• Les journalistes de la télévision française, qui se ruine en droits de retransmissions, sont régulièrement contraints à surévaluer les chances des sportifs français avant les grandes compétitions afin d'attirer un maximum d'audience. Résultat, à la fin, on est souvent déçu. La déception, c'est le grand truc des journalistes sportifs français. Regardez Stade 2 dimanche soir, vous y entendrez parler de déception une bonne dizaine de fois. En dehors du foot, le tournoi de Roland Garros (1 victoire française en 65 ans) est un haut lieu du ne-ratez-pas-le-match-car-cette-fois-ci-c-est-sûr-on-va-gagner. Au Tour de France, au moins, il y a longtemps qu'on a arrêté d'y croire — comme quoi un journaliste cycliste peut aussi être honnête.
• Au delà du foot et du sport en général, la France n'a jamais compté sur ses gros bras pour se faire mousser. Penseurs, écrivains, artistes en tous genres, mode, luxe, gastronomie, art de vivre, voila ce que nous aimons. La sueur et le sang, non merci — bien souvent, cette posture est d'ailleurs toute à notre honneur. Alors que pour d'autres pays, le sport est facilement assimilé à une mesure de quéquettes gonflées à coup de millions et de produits pour affirmer une forme de supériorité sur d'autres nations — on se souvient notamment de la rivalité sportive qui opposaient les pays du bloc communiste aux USA, dans les années 70-80. Pas de ça pour la France qui a sa petite formule toute faite et arrangeante : « l'essentiel est de participer ». Dans le même esprit, nous sommes les champions du monde d'une lutte anti-doppage bien pratique pour rabattre le caquet des gros bras étrangers qui oseraient nous traiter de losers.

Bref, pour ceux qui ne le savaient pas ou qui ne s'en étaient pas encore rendu compte, le maillot bleu n'est pas vraiment porteur d'une immense ferveur nationale.



Cela n'a pourtant pas empêché Nike de signer un contrat record (mondial) de 320 millions d'euros pour habiller les bleus pendant les 7 prochaines saisons. Contrat signé il y a 2 ans (mais qui n'est devenu effectif qu'à partir de janvier dernier), à l'époque où l'équipe finaliste de la coupe du monde 2006 pouvait encore faire illusion.
L'argent qui passe par la FFF demeure toujours un grand mystère. Droits télé, perception de la cotisation annuelle des licenciés, contrats publicitaires, produits dérivés, subventions de l'État et des collectivités territoriales… Pour un budget annuel estimé à 200 millions d'euros seulement (à titre de comparaison, un club comme le Real de Madrid, c'est 438 millions d'euros de budget annuel). Sur cette base, l'équipe de France (l'équipe A masculine) génère à elle seule 80 millions annuels de revenus, soit 40 % du budget global de la fédération française de football.
On comprend alors l'intérêt d'inaugurer un nouveau maillot bleu au début de chaque phase de qualification pour une compétition internationale, c'est à dire tous les 2 ans. Parce qu'au bout du compte, Nike et ses maillots, c'est au moins un quart du budget annuel de la FFF (42 millions d'euros annuels assurés par le contrat signé avec Nike auxquels s'ajoutent une partie du bénéfice sur les ventes). On est loin des 1 200 000 maillots floqués au nom de Cristiano Ronaldo qui se sont arrachés la saison dernière du côté de Madrid mais, potentiellement, la vente de maillots et autres produits dérivés est un business en or. Dans le cas de la Fédération française de foot, on pourrait même parler de business vital, qui induit une certaine obligation de résultat afin d'équilibrer le budget de la première fédération sportive du pays.
Sauf que l'équipe de France a été la risée de la dernière coupe du monde. Avant le drame, se promener dans la rue avec le maillot des bleus n'était déjà pas très valorisant, mais depuis juin dernier, c'est tout simplement devenu le vêtement le plus ringard du monde.
Catastrophe !

Par conséquent, Nike sait d'ores et déjà que le maillot bleu officiel de l'équipe de France, celui qui est porté lors des matchs à domicile, sera peu vendu. Ce maillot bleu, qu'on ne peut pas trop toucher (cf. Guy Roux, cité au tout début de cet article), a tout de même eu droit à sa nouvelle version Nike. Pas trop mal fichu, rétro, sobre, sans chichi, bleu uni. Il fallait le faire, l'équipementier américain s'est exécuté, mais il se vendra peu.
Alors pour se refaire, Nike n'a pas beaucoup d'autres choix que de tenter un gros coup sur l'autre maillot, celui qui d'habitude n'est même pas commercialisé : le maillot blanc qui sert parfois aux matchs disputés à l'étranger (selon les couleurs portées par l'adversaire). C'est celui-ci que la marque a totalement revisité dans un style marinière.
Nous avons donc une « figure imposée » pour les supporters de base (le maillot bleu officiel) et un maillot marinière manifestement conçu pour séduire un nouveau public. Un maillot rayé qui nous parlerait un peu d'autre chose que d'une grosse étoile brodée qui n'impressionne plus personne, sous un coq trop régulièrement déplumé. D'un point de vue merchandising, se rapprocher de ce qui se fait dans d'autres sports comme le rugby et le tennis, en commercialisant des habits qui peuvent se porter dans la vie de tous les jours, sans forcément afficher l'intention de rendre hommage à une équipe merdique.

La marinière des bleus n'est pas seulement un bon concept marketing. C'est aussi une façon intéressante pour l'équipe de France et même pour la France tout court de communiquer sur des valeurs qui dépassent largement le cadre du football. Un message qui dirait, en gros, que quel que soit son niveau sportif, la France brille dans bien d'autres domaines culturels. La culture française, le glamour, la mode, les pensées nouvelles… Quant bien même l'équipe perdrait tous ses matchs, ce maillot continuerait à donner une image valorisante du pays. Combien d'équipes dans le monde, aussi prestigieuses soient-elles, pourraient se permettre une telle coquetterie ? Sans doute pas beaucoup. Et je trouve cette idée d'autant plus intéressante qu'elle est mise en œuvre dans le contexte défavorable que j'ai tenté de décrire précédemment. D’ailleurs, sans cette situation extrême (bleus qui sont encore moins bankables qu'à l’accoutumée + contrat record signé avec Nike), ce maillot n'aurait peut-être jamais vu le jour.



Notez l'intégration du blason de la FFF, encadré par une bande de couture soudée, comme cela se fait pour les sacs étanches qu'on utilise en navigation (dommage que le logo au coq soit si mal fichu). Remarquez la manière dont les noms et les numéros de joueurs sont intégrés au dos. Bien vu.
En revanche, le logo Nike est intégré de manière moins heureuse, donnant l'impression d'être coincé entre deux rayures.



En deux siècles, la marinière est devenu un vêtement emblématique de la culture Française. Longtemps associée aux marins, qu'ils soient civils ou militaires, elle est au départ synonyme d'anti-conformisme. En effet, historiquement, les habits rayés étaient généralement attribuées aux prisonniers — et aux jeunes mousses. Techniquement, les rayures blanches et bleues du tricot rayé, comme on l'appelait dès le début du XIXe siècle, permettaient, dit-on, de repérer facilement un marin tombé à la mer. Introduite dans la mode par Coco Chanel dans les années 1910, la marinière n'en est plus jamais sorti. Atemporelle, unisexe et déclinable à volonté, nombreux sont les créateurs ayant repris les rayures bleues et blanches, que ce soit dans la haute couture ou dans le prêt-à-porter.
On pourrait dire de la marinière qu'elle symbolise, lorsqu'elle est portée par des hommes, un mélange de virilité et de romantisme. Penchant largement exploité dans l'art, le cinéma et la publicité, y compris pour toucher un public féminin ou gay.

Deux photographies du duo Pierre et Gilles. Sur celle de droite, un joueur Français salue un supporter.


Francis Kurkdjian, maître parfumeur, raconte le parfum Le mâle, de Jean-Paul Gaultier, et les valeurs qui s'y rattachent (pour les marsiens qui liraient ce billet, je rappelle que Gaultier a fait des rayures marines sa marque de fabrique). Dans ces campagnes publicitaires, on notera que les bachis portés sont de type américain (façon Popeye), et non français (voire photos de Pierre et Gilles ci-dessus) :


Comme le souligne GQ, il y a peut être aussi quelques chose de l'origine malfamée des rayures verticales qui ressort de ce maillot. Un côté Bagnard et pénitent pas inintéressant dans le contexte de l'équipe — et qui sera peut être d'avantage interprété ainsi dans d'autres pays.



Alors certes, Nike brouille les pistes en embauchant Karl Lagerfeld uniquement pour assurer les photos du lancement (du coup, beaucoup pensent que l'allemand a dessiné ce maillot — sont malins chez Nike). Il y a de l’esbroufe marketing et l'on sent que l'objectif principal est de faire un maximum d'argent. La preuve en est que l'équipe de France jouera exceptionnellement ce soir à domicile avec son nouveau maillot extérieur (qu'elle n'a pu inaugurer contre le Luxembourg qui jouait chez lui, en blanc), dans l'évidente volonté de lancer au plus vite la vente de celui-ci. Bon. Tout n'est décidément pas rose dans le monde du foot.

Mais finalement, cette marinière… ne serait-ce pas la meilleure chose qui soit arrivée au football Français depuis 1998 ?


------

PS : quand on habille les marins en footballeurs, ils ne mouftent pas. Et pourtant…


Edit 23 H 34 : oui je sais, c'est facile :

La République à visage découvert



Cette affiche me fait honte.

Notamment parce que son message ne s'adresse évidemment pas aux personnes concernées par le port des Niqab, Burqa et Tchador — d'ailleurs, quel que soit son avis sur la question, on se doute bien que ces dernières ne changeront pas leurs traditions parce qu'elles se sont rendues sur le site visage-decouvert.gouv.fr.
Non, à l'évidence cette campagne de communication est conçue pour informer les autres, en particulier s'ils avaient l'intention de voter très à droite aux prochaines élections.

Que la République soit associée à cette démarche me choque terriblement.



Via Laurent.

Enfin la vérité sur l’avenir des livres !

Comme tout le monde, vous souhaitez absolument pouvoir lire en plein soleil ? Vous voulez économiser de la place dans votre bibliothèque ? Vous avez besoin d'embarquer 75 livres lorsque vous voyagez, sans pour autant vous surcharger ? Vous avez des problèmes de vue ? Vous aimez les classiques ? Vous souhaitez faire des économies par rapport aux versions imprimées ? Pour vous, ebooks = romans & essais (vous oubliez d'évoquer les beaux livres, les guides pratiques, les BD et autres livres pour enfants lorsque vous discutez de Kindle et autres liseuses disponibles) ?

Vous souhaitez pouvoir lire en conduisant ? Lire en marchant ? Lire en travaillant ? Tout comme moi, vous aimeriez lire d'avantage sans vous endormir toutes les demi-heures ?

En fait, vous ne souhaitez peut-être pas lire autant que ça, mais tout simplement avoir accès facilement à des textes de qualité qui vous procureront peut-être émotions, divertissements et connaissances ?

Ne cherchez plus ! Rendez-vous sur litteratureaudio.com. 1 600 classiques de la littérature disponibles en version audio, tous téléchargeables et accessibles en streaming, disponibles gratuitement et instantanément. Tous les grands auteurs lus par des bénévoles, sans DRM, ni inscription préalable.

Et si ça ne vous suffit pas, voici la page de liens proposée par le site qui vous enverra vers des centaines d'autres références d'audiolivres, toutes librement accessibles.

Afin de préserver un minimum de crédibilité, peut-être ne devrais-je pas préciser que je n'ai découvert ce site qu'hier soir. Et encore, après une recherche spécifique. Tant pis, c'est fait, j'ai vendu la mèche.

Révolutions arabes


© Christophe Druaux

Vous pouvez cliquer sur l'image pour l'agrandir.

---
Edit 27/02/2010 :
Quelques jours après la publication de cette petite carte, le sort a voulu qu'on commence enfin à lire le mot « Libye » dans la presse internationale. En risquant leur vie pour filmer la rue à l'aide de leurs téléphones portables, les opposants libyens ont d'abord réussi à forcer la main des journalistes et des diplomates qui semblaient s'accommoder sans peine de la « discrétion » de ce grand pays, pourtant situé entre la Tunisie et l'Égypte et, accessoirement, dirigé par un fou.

Damart m’a tuer

Ceci est un billet sponsorisé.

Je m'occupe quotidiennement du courrier de ma grand-mère qui reçoit au moins une fois par semaine ce que j'appelle un « courrier pour débiles » de la part de plusieurs marques de VPC (dont Damart), chez qui elle a déjà commandé par le passé. Et qui ne la lâchent pas depuis 30 ans, à coup de cafetières en plastique de 20 centimètres de haut en cadeau pour toute commande supérieure à 100 euros ; ou de sets de serviettes de table en polyester gracieusement offerts pour la remercier de sa fidélité. Bref, je suis bien placé pour savoir qu'en passant une commande sur le site Damart.fr, je courrais le risque de me faire spammer pendant les dix prochaines années. Oui mais voilà, non seulement j'avais déjà entendu mon aïeule dire du bien des produits de la marque à l'éclair (qui plus est, une marque principalement tournée vers les seniors) mais en plus, c'est effectivement sur ce site que j'avais réussi à trouver le cadeau de Noël que je voulais lui offrir : un peignoir chaud, de la bonne taille et de la bonne couleur. C'est ainsi que j'ai pris le risque de me jeter dans la gueule du loup.
Je redoutais tellement le spam qu'au moment de passer commande (juste avant de payer 5 € pour frais d'emballage + 3,60 € de frais de port, pour un bête peignoir envoyé dans un sac plastique), j'avais pensé à faire une photo d'écran pour garder la preuve que j'avais bien coché les pastilles censées m'assurer que je ne recevrai pas d'offres commerciales de la part de Damart… par email.



Je reçois le colis, les fêtes passent, je pars en vacances, plus de nouvelles de Damart, tout va bien.

Et vlan ! Hier matin, je reçois une enveloppe grand format d'un centimètre d'épaisseur pour un poids de 440 grammes, signée Damart. Envoyée sous un emballage plastique opaque siglé, de contenance beaucoup plus large que l'enveloppe, comme s'il s'agissait d'un objet reçu en cadeau relatif à ma précédente commande — ce que j'ai d'abord cru avant de l'ouvrir. Dans ce sac, il y a même un (véritable) bordereau de livraison visible depuis l'extérieur. Mais à défaut de cadeau, il ne s'agit que d'un bon gros pack publicitaire « de bienvenue ».
Dans l'enveloppe, la totale : catalogue saisonnier, « dossier de bienvenue remis à : notre nouvelle cliente » et tout un tas d'autres prospectus imitant lamentablement un avis de confidentialité, un bordereau d'expédition, des chèques cadeaux, des lettres annotées… il y a même une imitation de photo Polaroid.
Ça y est, mon nom et mes coordonnées sont entrés dans la base client de Damart, je suis foutu. Ma vie est fichue. Pendant quelques minutes, je pense à mourir.

Ci-dessous, l'enveloppe. [édit] Avec l'adresse wwww.damart.fr, oui, il y a bien 4 W (merci à Babky pour le signalement en commentaire, je n'avais pas fait attention).



Agir, vite. Mon premier réflexe est de téléphoner au service client de Damart pour demander le plus simplement du monde à être sorti de leur fichier. Premier appel vers 13 heures. Je me dis qu'une entreprise à l'image aussi rétrograde ne doit même pas avoir de standardiste disponible à l'heure du déjeuner, mais je tente quand même — ayant d'autres chats à fouetter, j'aimerais boucler cette histoire au plus vite. Le répondeur m'annonce que l'appel me coutera 0,34 centimes par minute après le bip. Mpfff, ça commence bien. Après le bip justement, un autre message m'indique que mon temps d'attente sera de 3 minutes et 38 secondes (environ, je ne m'en souviens plus précisément). Un temps d'attente annoncé à la seconde près, c'est louche… Et effectivement, une fois les 3 minutes et 38 secondes passées, le répondeur m'affirme que tous les opérateurs sont occupés (bon appétit) et que je dois rappeler plus tard. Point. Le répondeur entame une mélodie qui ne me laisse entrevoir aucune autre possibilité que de raccrocher au plus vite mon combiné si je ne veux pas perdre d'avantage que l'euro que Damart vient de me faire dépenser pour cette attente inutile.

Je commence à être agacé.

Une heure et demie plus tard, je décide d'y retourner, au moins pour voir jusqu'à quel point Damart est prêt à me prendre pour un con (je suis d'un naturel curieux).
Le temps de pause déjeuner/arnaque téléphonique est visiblement terminé et cette fois-ci, j'ai très vite accès à une aimable opératrice à qui j'explique ma situation. La dame me répond que pour cesser de recevoir de courrier de la part de Damart, je dois envoyer une demande écrite, par lettre postale. « On ne peut pas valider votre demande par téléphone, c'est impossible Monsieur, l'ordinateur refusera » me dit-elle en substance. Je demande, en essayant de rester sérieux, comment « l'ordinateur » pourrait-il d'avantage accéder à ma demande après l'envoi d'un courrier ? Bug de l'opératrice qui me répète que je dois envoyer un courrier.
Je suppose que Damart est une multinationale à l'organisation complexe. Il doit surement falloir passer par le siège de Damart, situé à San-Fransisco, pour avoir accès au service résiliation — une cellule composée d'une centaine de personnes chargées de s'assurer que chaque suppression de la base client est correctement effectuée.

Je vous jure que j'ai un tas de choses infiniment plus intéressantes à faire que d'envoyer un courrier à chaque marchand qui m'expédierait un pli publicitaire sans mon consentement. Et pourtant, ce matin, je prends quand même le temps de l'écrire, cette demande. Sauf qu'au lieu de l'envoyer à Damart, je la publie sur mon blog.

Ça, c'est pour Damart.

Mais ce qui m'a vraiment décidé à écrire ce billet, outre le fait de connaitre les pratiques publicitaires de ce genre d'oiseau sur le bout des doigts, c'est que je vis déjà une mésaventure comparable, et même encore plus absurde, avec La Redoute. En effet, je ne suis pas client de La Redoute mais je reçois depuis bientôt deux ans les prospectus et catalogues d'une autre personne dont l'adresse a probablement été mal lue. Une certaine Thérèse Larcher, que je ne connais ni d'Éve, ni d'Adam. Dès le début, j'avais contacté La Redoute pour tenter de leur faire économiser des dizaines de kilos de papier et j'avais obtenu la même réponse que chez Damart. Pire encore, l'opératrice roubaisienne m'avait même averti que je ne pourrais probablement pas modifier les données-client d'une autre personne (je ne suis même pas dans leur base). En d'autres termes, je ne pouvais pas empêcher La Redoute de continuer à m'envoyer les courriers de cette désormais célèbre Madame Larcher. Par conséquent, ça fait deux ans que je reçois régulièrement des catalogues d'un millier de pages et autres courriers publicitaires abrutissants qui sont systématiquement jetés à la poubelle sans même être ouverts. C'est comme ça.

Il est donc très probable que pendant des années encore, je vais recevoir une quantité considérable de papier de la part de Damart et de La Redoute, dont je n'ai que faire. Oh bien sûr, sur la forme, ce n'est pas bien grave. Mais sur le fond, c'est totalement absurde. Papier gâché, facteurs inutilement chargés, poubelles inutilement pleines. Peut-être même que cette Madame Larcher, si elle vit toujours, est contrainte d'acheter ses catalogues La Redoute depuis que je les reçois gratuitement pour elle. Entreprises de vente par correspondance d'une autre époque, qui ne survivront pas longtemps à leur clientèle âgée si elles continuent à faire preuve d'autant de bêtise.

---

Mais puisqu'il en est ainsi, je vous propose de nous amuser avec un déballage commenté de cette enveloppe que Damart a tant tenu à m'envoyer.
Ces documents sont tous imprimés en quadrichromie, recto/verso, sur papiers couchés, certains sont composés de plusieurs pages, d'autres sont collés les uns sur les autres à l'aide de points de colle sèche. Assurément, tout cela coûte cher à imprimer, façonner, assembler et envoyer. L'enveloppe comporte également le catalogue printemps-été, qui est conçu de manière plus classique, sans ambiguïté, rien à redire sur ce support. Comme il serait fastidieux de numériser toutes les pages de chaque document, les images présentées ci-dessous ne représentent qu'une partie de l'ensemble du contenu imprimé reçu.

Pour commencer, la couverture du dossier de bienvenue. Comme tous les documents reçus, les textes sont tournés au féminin. Damart s'en fout, les quelques veufs qui commandent chez eux sont vieux et ils ne se plaindront pas. De toute façon, doubler (ou personnaliser à l'impression) tous ces documents au féminin et au masculin couterait beaucoup trop cher. En revanche, Damart a assez d'argent pour offrir une parure éponge huit pièces en cadeau pour ma prochaine commande :



Un faux bordereau d'expédition, avec prédécoupage de chaque côté, un pli sur la longueur et impression intérieure, comme les vrais. Coute une fortune à fabriquer. Dites-vous bien qu'il y a quelque part sur Terre une personne qui a eu l'idée de faire ce faux bordereau d'expédition pour inciter les clients Damart à dépenser leur argent. Cet homme est peut-être votre voisin, il connait peut-être vos enfants.
Comme si elles comprenaient l'écrit aussi mal qu'elles entendent, les gens qui conçoivent ces documents croient qu'il faut répéter 15 fois les choses pour s'adresser aux personnes âgées. Donc oui, pour ceux qui ont mal lu la couverture du dossier de bienvenue, il y a bien une parure éponge huit pièces en cadeau pour la prochaine commande :



Les vrais-fausses mentions supposées avoir été ajoutées au stylo-plume. Un grand classique du genre. Pour tenter de crédibiliser ce charabia, il y a même les signatures de personnes censées être des gros bonnets chez Damart, et notamment celle de « la direction des gros lots ». La direction des gros lots de Damart… tout un programme ! Tu fais quoi comme métier ? Directeur-adjoint des gros lots chez Damart. Ah.
Remarquez les lots barrés « au stylo », qui ne sont pas assez bien pour les nouveaux clients. Ainsi vous savez dès le départ que les anciens clients sont moins gratifiés que les nouveaux. Ces documents sont un bonheur à décrypter !



Attendez, à force d'écrire des bêtises, je ne me souviens déjà plus du cadeau auquel j'ai droit en tant que nouveau client ?… Ah oui, ça me revient : une parure éponge huit pièces ! Avec le logo Max Havelaar, oui Madame. Chez Damart, on jette des tonnes de papiers par les fenêtres, on joue sur la faiblesse des petits vieux mais on est regardant sur le respect des producteurs — pour cette parure tout du moins. Au fait, à quand une certification Max Havelaar pour les produits fabriqués en France ?



Ce document n'est pas facile à imaginer par le biais d'un scan. Il s'agit d'une imitation de cliché Polaroid (avec le carré brun au verso, s'il vous plait) collée sur une simili note officielle, façon secret-défense. Le tampon du désormais familier « service gros lots et cadeaux ». Et comme je suis un peu dur du ciboulot, Damart a la délicate attention de me rappeler le cadeau auquel j'ai droit pour ma prochaine commande, tous en cœur : une parure éponge huit pièces. Avec une précision importante cependant : « oui, chère madame, cinq chèques de 1 000,00 € seront bien glissées dans cinq cadeaux conformément au règlement… tout cela afin de créer l'évènement pour accueillir nos nouvelles clientes ». Je vais te le créer l'évènement moi, tiens !



Hop, le pseudo chèque collé sur une énième lettre de bienvenue. Un chèque de - 25 %. Ne le déposez surtout pas à la banque, ça ne passera pas. On imagine ce M. Chaumont (existe t-il vraiment ?), le très apprécié directeur de la clientèle qui doit avoir la lourde charge d'imaginer tous ces supports de communication, s'amuser à gribouiller des milliers de lettres au stylo, la nuit. Courage Madame Chaumont (je peux vous appeler Madame ?), vous ne faites décidément pas un métier facile.



Nous sommes quittes.


---------------

Édit 20/01 - 12 h 00.

Moins de 24 heures après la publication de ce billet, La Redoute a réagi de manière efficace (pour d'avantage d'explications, lire les commentaires) :

Bonjour Christophe,

Effectivement, j'ai lu votre article ce matin.
Le service client, averti dans la foulée, a souhaité vous contacter immédiatement pour faire le nécessaire ;-).
Il est vrai que la gestion d'un fichier de plusieurs millions de clients engendre quelques "mésaventures" telles que celle que vous décrivez dans votre billet sans concessions mais plein d'humour.

Je vous confirme que vous ne recevrez plus nos courriers.
Encore nos plus plates excuses pour cette situation.

Cordialement,
Grégory, Community Manager, www.laredoute.fr


---------------

Édit 15/04 - 9 h 00.

Depuis ce billet, je n'ai jamais plus reçu de publicité Damart.

Ajout










  • Mes commentaires ailleurs
  • Sélection de commentaires que j’ai posté sur d'autres blogs.

Commentaire / La burqa, la gauche et la liberté

Sur Variae :

Dans ce grand élan d’humanisme, je propose de faire une loi qui interdise tout simplement les religions : aliénation, perte de temps, vêtements bizarre, guerres inutiles, pédophilie, pressions familiales, etc. Soyons fou !

Plus sérieusement, êtes vous conscient que la très grande majorité de ces femmes sont aussi croyantes (et/ou traditionalistes) que leur famille et portent le niqab de leur plein gré ? D’ailleurs, qu’elles le portent ou non de leur plein gré, leur principale alternative au voile sera de rester enfermées chez elles. Voila qui devrait enfin satisfaire les quelques féministes qui sont encore à côté de la plaque.

Aussi, vous terminez par « aurait-il fallu s’interdire de rendre la scolarisation obligatoire, parce qu’on l’imposait à des familles qui n’avaient rien demandé et qui vivaient très bien sans ? »
Sauf que si un enfant est déscolarisé par ses parents sous l’âge légal, ce sont ses parents qui sont sanctionnés par la Loi, pas l’enfant. Idem pour le voile : bien avant le 11 avril, une personne qui imposait le voile à une autre pouvait déjà être sanctionnée. La loi du 11 avril est différente, elle tape directement sur les femmes qui portent le niqab en dehors de chez elle. Maitre Eolas avait brillamment argumenté en moins de 140 caractères : « Si les femmes sont contraintes, on va punir des victimes. Si elle ne le sont pas, on va punir des femmes exerçant leur liberté ».

Commentaire / La chasse aux trolls s'organise

Sur le blog de Slate "Work in Progress' :

Le fond du problème, à mon avis, c’est que ces journalistes professionnels n’ont pas besoin d’avoir des commentaires sur leurs articles. Je parierais même que les commentaires les dérangent plus qu’autre chose. Les journalistes ont une journée de 8 heures pour produire du contenu et n’ont que rarement le temps de lire tous ces messages, et encore moins de discuter consciencieusement avec leurs lecteurs, qu’ils soient trolls ou non. Contrairement à un blog traditionnel, dans lequel l’auteur prend le temps d’échanger en commentaires, créant ainsi un rapport qui est tout autre avec ses lecteurs — et ce, quel que soit les sujets abordés, quelle que soit l’importance du lectorat, et sans même passer par le moindre système de modération ou de notation des commentaires. Il n’y a qu’à voir comment se débrouillent des Maître Eolas ou Laurent Gloaguen pour s’en convaincre. Les trolls ? On ne les voit même pas. Sur un blog, les commentaires sont en vérité des fils de discussion. Sur un site de presse, ils sont en réalité des courriers de lecteurs, avec toutes les doléances, le parasitage et les coups de gueule que cela comporte lorsqu’un individu s’adresse à une entité abstraite, à une marque.

Et pourtant, les sites de presse s’obstinent à garder la possibilité de commenter, pourquoi donc ? L’alibi est connu : « les commentaires permettent de corriger un article, de le compléter, de l’enrichir » sauf qu’en réalité, mis part quelques rares exceptions, il n’en est rien. Il parait même que « du journalisme sur le Web sans interaction avec l’audience, ce serait comme une profiterole sans chocolat fondu. Cela n’aurait aucun intérêt. » mais vous en connaissez beaucoup, vous, des journalistes web qui ont l’habitude d’interagir avec leur audience ? Pas tant que ça. Le simple fait d’employer des community managers pour gérer les commentaires en est déjà symptomatique.

M’est avis que les sites de presse conservent cette fonction embarrassante pour fidéliser une partie des lecteurs acharnés qui lisent ou rédigent quotidiennement ces commentaires (préserver un sans-blanc de communauté en somme — façon forum, mais en papier mâché), et ainsi de flatter quelques stats permettant de meilleurs revenus.

---
NDLR : ce commentaire, envoyé hier vers à 1 heure, fut publié après modération aujourd'hui vers 14 h, en même temps que les huit autres commentaires suivants. Le courrier des lecteurs, je vous dis !

Commentaire / Top 10 des artistes incompris du football international, autrement appelés « boucher »

Sur Topito :

Oh, les footballers bourrins, mes préférés ! Merci !

Ne vous méprenez pas, en vérité, ces joueurs sont de grands enfants emplis de tendresse, avec une grande sensibilité et un petit cœur tout mou qui bat derrière cette carapace de brutalité. Ainsi, dans le privé, Van Bommel adore faire du scrapbooking déguisé en petite fille ; tandis que Vinnie Jones s'adonnait régulièrement à la danse classique en cachette, entre un passage au pub et un autre au poste de police.

En France, on avait aussi quelques spécialistes comme Di Meco. Une pute de première sur le terrain. Heureusement qu'ado j'étais pour l'OM, du coup ça me faisait plutôt marrer. Le voir lever les mains à chaque faute avec un air d'enfant battu pour plaider son innocence à l'arbitre pendant que les ralentis nous montraient pourquoi le joueur qui pleurait au sol allait vraisemblablement devoir faire une petite pose dans sa carrière. tout l'art de s'en tirer avec un carton jaune qui, à l'époque, ne valait pas grand chose.

SoFoot a souvent publié des portraits de bourrins trashy anglais des années 70-80, qui ne rechignaient pas à jouer bourrés, en plus de leur agressivité naturelle et des habituelles injections de testostérone. Dans le numéro de ce mois-ci, dans un registre plus contemporain, il y a d'ailleurs un petit article sur Roy Keane, cité ci-dessus par Bob, qui raconte comment l'irlandais a mis un terme à la carrière d'un joueur norvégien insolent, en lui ruinant délibérément la jambe, 2 minutes après le coup d'envoi d'un match revanche. Émouvant.
À propos de came, je me rappelle aussi d'une phrase de Pascal Olmetta qui racontait au hasard d'une interview qu'à une époque, il était tellement défoncé par les produits excitants qu'on lui administrait avant match, qu'il lui était déjà arrivé de briser des portes de vestiaires à coup de pied, juste avant de rentrer sur le terrain.

Les allemands à moustache-nuques-longues des années 80, eux, étaient plus méticuleux. Ils ne pratiquaient pas l'art du découpage au hasard. Il fallait du résultat derrière, il fallait que ce soit rationnel. Savoir tailler au bon endroit, au bon moment : des jardiniers, en somme. Quelle idée aussi de filer tout seul vers la cage dont Schumacher était sorti, à quelques minutes de la fin d'une demie-finale de coupe du monde 82 pff… c'était de l'inconscience de la part de Battiston et il faut se mettre à la place du gardien allemand aussi…

Ah, les bouchers du foot… une tradition qui se perd ma bonne dame ! Émotion.

Commentaire / Festival de Chaumont : « Le graphisme, qu’est-ce que c’est ? » : le premier prix est attribué à…

Chez Geoffrey :

Mais à quoi bon continuer ce concours étudiant au juste ? À la rigueur, vous pourriez demander aux étudiants de travailler sur une thématique imposée, avec la seule possible récompense d’être exposés, dans le cadre d’une sélection sans numérus closus (entre 0 et n affiches exposées à chaque festival, selon la qualité estimée du cru annuel) mais à quoi bon s’entêter à choisir absolument 60 affiches et un heureux élu pour lui décerner la médaille en chocolat d’un jury aux choix de toute façon subjectifs et discutables ? S’il n’y a que 15 affiches qui semblent pertinentes au jury, exposez seulement celles-ci, sans choisir de lauréat, et basta ! D’ailleurs, à mon époque, je n’avais trouvé la volonté de ne participer qu’une seule fois à cette loterie en 5 ans d’études (thème : l’amour fou… au moins, c’était amusant).

Même chose pour le concours des pros, d’ailleurs.
En fait, je n’ai jamais vraiment compris ce côté compète au festival de Chaumont si ce n’est pour attirer les médias spécialisés vers la bande de copains qui se relaient à tour de rôle depuis des années entre membres du jury, sélectionnés et lauréats — et qui, en plus d’être très bons, ont surtout la chance d’entretenir savamment un réseau d’amis commanditaires qui leur permettent d’imprimer leurs affiches en sérigraphie sur papier bouffant pour la promotion de pièces de théâtre subventionnées (oui, je grossis le trait ; et oui, je suis jaloux ;-) . Les autres, menacés de tonte en public pour avoir collaboré avec l’ennemi de la com’ en ces temps de guerre, étant tous justes bons pour venir à Chaumont pour faire tourner les restos à Kebab locaux et applaudir à la remise des prix. Si le festival de l’affiche était vraiment le festival de toutes les affiches, il y aurait sans doute d’avantage matière à débat entre les divers secteurs de la profession. Imaginez un peu des gens de Publicis invités à exposer et à débattre sur le métier aux côtés d’un simili Grappus ! Il me semble que cela contribuerait d’avantage à créer ponts entre « graphisme d’auteur » et « graphisme de com ».

Commentaire / Un iMac tactile ?

Sur MacBrains :

C'est drôle car ce concept colle assez bien avec le flyer envoyé à la presse pour l'annonce de « la prochaine création » accompagnée de taches de peintures. En tout cas, ce serait un ordinateur de bureau franchement intéressant (je suis graphiste ;-)
Notons que le principe de la tablette-graphique-sur-écran existe déjà chez Wacom avec la gamme Cintiq (compter 2 200 € pour un 21", sans les capacités d'un ordinateur et sans le multitouch) mais là, d'après ces schémas, il s'agirait plutôt d'un appareil polyvalent transformable en tablette, ce qui est tout l'intérêt. Seul bémol : si un tel objet devait être commercialisé rapidement, j'imagine que son prix de vente serait salé !



[Image extraite d'un brevet déposé par Apple.]

Commentaire / Autour et atours du livre numérique

Sur affordance :

À Benoit :

Le problème, quel que soit le prix, c'est que pour acheter une liseuse et des livres numériques, même avec écran hyper confort, il faut déjà avoir la volonté de lire des livres. Ce qui est très loin d'être le cas de tous. L'achat d'une liseuse est une espèce de « prix d'entrée » qu'il faut payer pour avoir accès aux livres numériques et ça ne favorise(ra) clairement pas l'accès au livres, même vendus moins chers que sur papier et même sans DRM.

D'où l'intérêt d'amener la lecture sur des ordinateurs portables plus largement utilisés (qui soient un peu plus adaptés à la lecture de textes longs -> même si l'écran ne suit pas, un clavier détachable ou pliable à 180° et en couleur est déjà un plus).

Si l'aventure du livre sur support numérique doit se résumer aux passage des lecteurs réguliers de livres papiers vers la lecture sur écrans, ça n'a pas grand intérêt, même si ça leur fait gagner du poids dans leurs valise lorsqu'ils partent en vacances.
En revanche, amener de nouveaux lecteurs vers le format livres grâce au numérique, ça ce serait un vrai progrès (ordi multifonction plus adapté à la lecture + fonctions logicielles qui permettent par exemple d'avoir une mise en valeur des passages les plus surlignés par les autres lecteurs, ce qui pourrait séduire ceux qui sont réfractaires à la lecture de textes longs pour les amener vers la lecture de l'intégralité du texte ou au moins des idées principales d'une œuvre).

Pour moi, l'enjeu principal n'est pas de lire plus confortablement, de gagner du poids ou de la place. L'enjeu principal est d'amener plus de lecteurs vers le format livre.


----
2e commentaire en suivant :

Et puis de toute façon, même si les liseuses et les livres numériques étaient tous distribués gratuitement, je suis certain que cela n'amènerait pas plus de lecteurs vers le format livre. Ceux qui lisent déjà des livres en liraient peut être encore plus mais ceux qui ne lisent pas n'auraient pas beaucoup de raison de s'y intéresser (le prix des livres de poche est déjà très bas — et le piratage de livre en format numérique est relativement faible). Pour amener de nouveaux lecteurs vers le livre, à mon avis, il faut d'abord des fonctions logicielles adaptées (par exemple, celle que j'ai citée dans mon commentaire précédent) et la possibilité de lire sur des machines que l'on possède déjà (et qui peuvent servir à bien d'autre choses).


----
3e commentaire en suivant :

Désolé, je squatte, je suis lancé :

D'ailleurs, puisque ce sont des comparaisons que l'on fait souvent, l'intérêt de l'imprimerie et du MP3, c'était ça. Amener plus de gens vers les textes (sacrés au départ) et vers la musique. La qualité d'impression et de fabrication des premiers livres n'était pas au rendez-vous (ce devait être plus sympa et convivial d'écouter en groupe la lecture orale d'un curé ou d'un colporteur). Les premiers MP3, salement compressés qu'on s'échangeaient en P2P étaient légers mais d'une qualité médiocre. Pourtant, ces deux technologies ont amené, avant toutes autres considérations, énormément de monde vers la lecture et vers la musique. Le confort de lecture ou d'écoute est arrivé après.


----
4e commentaire en réponse à la réponse de Benoit (commentaire qui fait un peu la synthèse des précédents et qui appuie un peu plus sur l'aspect fonctionnel) :

« ces lecteurs sont des lecteurs zappeurs qui ont du mal à concentrer leur attention. »

Et bien justement ! Puisqu'ils sont zappeurs, il faudrait que les livres diffusés sur supports numériques offrent la possibilité d'être survolés rapidement et efficacement. Et coup de chance, le format numérique le permet. Donner accès (gratuitement) aux passages les plus surlignés par les autres lecteurs ; utiliser des moteurs sémantiques pour synthétiser intelligemment et en quelques mots des centaines de pages ; donner accès à tous les commentaires des autres lecteurs (qui peuvent cibler des passages précis et donner lieu à des débats) ; pouvoir lier des passages d'un site perso vers un livre en ligne ; les moteurs de recherche façon Google qui permettent de rechercher des mots ou des expressions directement dans un livre sont intéressants aussi pour celui qui cherche à se documenter sur un sujet précis ; et tout un tas de fonctions qui ne me viennent pas à l'esprit au moment ou j'écris.
Tout cela devrait donner envie à une partie de ceux qui ne sont pas familiers à la lecture de pavés de plusieurs centaines de pages de s'y pencher un peu plus — ou, à défaut, de pouvoir tirer un minimum d'information sur un livre sans forcément l'avoir lu en entier, ce qui n'est pas rien en terme d'accès à la culture.

Pour ceux qui sont déjà habitués à lire des livres sur papier, le numérique permet en gros de gagner du poids dans le sac, de la place dans la bibliothèque et peut-être un peu d'argent sur l'achat de contenu (et encore, ça dépend ce qu'on lit — il faut aimer les classiques qui ne sont plus sous droits). Très content pour eux mais si le support numérique n'apporte que cela et ne s'adresse qu'à ceux là, ça n'a pas grand intérêt.

Commentaire / Qu’est-ce qu’un livre numérique et en avons-nous besoin ?

Sur La feuille :

« On voit bien à mesure qu’on l’explore que le concept de livre numérique se dérobe, parce qu’il recompose en profondeur la création et ses modalités (notamment sa linéarité, mais aussi ses modes de distribution, ses créations en réseaux, hyperliées…). Les formes de culture numérisées que nous allons connaître (le fameux livre au format numérique qu’incarnent les emblématiques .pdf ou .epub), ne sont certainement que des formes transitoires. »

1000 fois d’accord avec ce paragraphe de conclusion (comme souvent).

C’est aussi pour cela que j’ai plusieurs fois cité l’exemple des CDRom culturels de la fin des années 90 qui n’étaient pas considérés comme des livres. Celui-ci par exemple, Moments de Jean-Jacques Rousseau avec texte, vidéo, son et surtout beaucoup de sensibilité.
Cette adaptation a 10 ans mais je considère qu’elle exploite bien plus le potentiel du numérique que la plupart des livres électroniques actuels qui en sont encore à essayer de copier le papier — adaptation certes distribuée à l’époque sur un support CD désuet mais qui pourrait aujourd’hui être diffusée en ligne sans problème. Je suis sûr que dans l’esprit de beaucoup, les formats actuels de livres numériques ou numérisés résonnent comme un carcan technologique (et commercial) et non comme une source d’innovation sur la mise en valeur du contenu. Contrairement aux formats de sites internet (portails, blogs, wiki, réseau sociaux, etc.), qui exploitent depuis bien longtemps des milliers de fonctionnalités pour valoriser le contenu de toute sorte et sa diffusion.

Alors oui, peut être qu’un jour, enfin, on ne parlera plus de cette notion de livres numériques pour ne parler que d’adresses internet, comme c’est déjà le cas pour beaucoup de domaines (les livres, ce n’est pas que la littérature) : les encyclopédies = Wikipedia ; les atlas = Google Map ; les dictionnaires = dicos et traducteurs en ligne ; les guides touristiques = sites portails avec forums et modules participatifs… et pourquoi pas un jour des romans et des essais dont le contenu, sous sa forme numérique, serait diffusé sur des formes bien lointaines de ce que l’on connait aujourd’hui ? Et puis à un moment donné, il faudra également prendre en compte le fait que les prochaines générations préfèreront peut être chercher des textes courts sur des sujets qui les intéressent (articles, contributions ou extraits de textes longs) que d’acheter et de lire des pavés de 600 pages.

[Rappel : commentaires fermés pour cette catégorie, à discuter sur La feuille pour ne pas multiplier les discussions]

Commentaire : 20/20 à Thierry Henry !

Chez Vinvin :

Hihihi ;-) Bah… c'était quand même le double match de barrage parfait : but casquette au match aller contre le fil du jeu ; score clairement sauvé à 4 ou 5 reprises par Hugo Lloris (chapeau bas) ; ballade des irlandais pendant 120 minutes au stade de France ; 2e but français avec 2 hors jeu + une main + des joueurs irlandais qui s'étaient arrêtés de jouer pour signaler la main ; quasiment aucune occasion dangereuse des français sur l'ensemble des deux matchs ; et en plus les irlandais sont restés gentlemen à la fin, histoire de bien finir de nous ridiculiser. Je me souviens avoir hurlé, agenouillé au sol, lorsque le lisbonnais Vata avait marqué un but de la main face à l'OM en 90 [NDLR : but qui éliminait l'OM à 7 minutes de la fin pour sa première demie finale de coupe des champions]… j'ai beaucoup pensé aux supporters irlandais hier soir.

Commentaire / La tarte à la crème de … la mesure d’audience

Sur Linkfluence blog :

Au delà des questions d’audience, je complèterais ces interrogations avec un résultat qui m’avait particulièrement ému dans l’étude du ministère sur la vie culturelle des français en 2008 (France / USA, pas forcément les mêmes pratiques et le même rayonnement international, mais quand même). Page de résultats de la question 24c, intitulée « Thèmes des sites ou blogs fréquentés le plus souvent » :

http://www.pratiquesculturelles.culture.gouv.fr/doc/tableau/chap2/II-3-4-Q24C.pdf

Où l’on apprend que seuls 37 % des internautes français ont visité au moins une fois un site lié à la politique ou à l’actualité en 2008. Donc, 63 % des internautes français ne sont même pas allé une seule fois sur ces sites (blogs et portails de presse confondus) sur 1 an ! Je trouve cela énorme. Et ce n’est pas tout : plus les internautes sont jeunes, moins ils lisent les sites de presse. Seuls 27 % des internautes de 15-30 ans sont allé au moins une fois sur un site d’actu en 2008 contre 56 % des 46-62 ans (comme les 15-30 ans sont majoritaires, ça ne se voit pas en terme d’audience — mais en terme de tendance d’avenir, ça fait mal).

Je m’attendais à ce que ces chiffres circulent un peu plus, au moins chez les blogueurs qui s’intéressent à l’avenir du journalisme sur internet, mais ça n’a pas été le cas.

Commentaire / Initiation au Web 2.0 : premiers retours d’expérience

Sur le blog de Nathalie Kusciusko-Morizet :

Soyons précis : ce blog, tout comme vos comptes Twitter et Facebook, semble surtout servir de « caisse de résonance » (= un outil de communication, je traduis) pour votre secrétariat d’État, non ? Et même qu’à mon avis, à plus ou moins court terme, en cas de besoin, il ne vous servira pas qu’à récolter des candidatures pour des appels à projets…

À partir du moment où ces sites vous servent à parler boulot, avec les postes que vous occupez, la réserve, l’entourage et les responsabilités qui vont avec, il deviennent de fait des outils de communication politique. Il serait bien naïf pour vos lecteurs de considérer vos « pages 2.0 » comme de petits espaces personnels sur lesquels vous pouvez écrire ce que vous voulez, pour votre plaisir ou pour la découverte. Forcément les genres se mélangent, on ne sait plus trop où se situe la frontière entre le off et l’officiel ; entre le spontané et le stratégique ; entre le « je » qui veut dire « nous » et le « nous » qui veut dire « je » ; et même entre ce qui est écrit par vous et ce qui est soufflé par vos conseillers. Finalement, pour vous, le curseur est assez facile à glisser dans un sens ou dans l’autre, au gré des besoins, ce qui doit être bien pratique.

Pourtant, ce brouillage des codes de la communication traditionnelle semble fonctionner à merveille. Comme les commentateurs qui m’ont précédé sur ce blog, je me surprends même à vous interpeler comme si vous alliez vraiment me répondre ! Car finalement, c’est aussi une nouvelle expérience pour nous, les lecteurs « 2.0 » : discuter avec une personnalité de haut niveau dont on sait déjà qu’elle ne nous répondra pas — peut être n’a t-elle tout simplement même pas le temps de nous lire.

Bonne chance tout de même ;-)

(Rappel : commentaires toujours fermés pour la catégorie « Mes commentaires ailleurs », à discuter sur le site d'origine afin de ne pas doubler les conversations.)

Commentaire / Le Kindle bientôt sur…Mac !

Sur eBouquin :

Pour l’ergonomie et le confort, je pense que cela dépendra surtout de l’évolution des ordinateurs portables vers des appareils modulaires qui, en plus des usages classiques d’une telle machine (à ne pas confondre avec les champs d’action des smartphones et des ordinateurs de bureau), devraient permette une lecture plus confortable. Forcément, avec les ordinateurs portables actuellement dispos sur le marché, pas évident de séduire les lecteurs.

J’espère qu’à terme, la lecture sur des ordinateurs portables plus polyvalents sera surtout l’occasion d’avoir une meilleure concurrence sur la commercialisation des contenus (si l’offre d’Amazon ne plait pas, on devrait avoir la possibilité de se servir chez Google, à la Fnac ou directement chez des petits e-libraires indépendants — on est pas bloqué par la machine comme c’est quelque part le cas pour l'appareil Kindle). Et j’espère aussi que cela sera l’occasion de développer plus de fonctionnalités liées au numérique : hypertexte, sémantique, meta recherche, systèmes de visualisation, communautés indépendantes, connaitre les lecteurs qui sont en train de lire le même passage que moi et discuter avec eux, possibilité de contenus participatifs sur les livres techniques, etc. (Hubert Guillaud à souvent évoqué cela avec beaucoup de brio). Enfin, il me semble que la couleur devrait aussi permettre l’accès aux 60 % de livres imprimés (quand même) qui ne sont pas conçu qu'en noir et blanc.

Tout cela est un peu embryonnaire et il est encore difficile de savoir qui, du lecteur, de l’auteur, de l’éditeur ou du distributeur va y gagner ou y perdre, mais je crois que ça commence à bouger dans le bon sens.

(Rappel : commentaires toujours fermés pour la catégorie « Mes commentaires ailleurs », à discuter sur le site d'origine afin de ne pas doubler les conversations.)

Commentaire / Une photographie un peu funeste ?

Sur Histoire-Généalogie :

Concernant la personne assise en bas, à gauche, j'ai l'impression que ce n'est pas seulement sa tête qui a été détourée, mais tout son corps (même sans pouvoir zoomer, on le voit très bien le long de son côté gauche — à droite pour nous).

Pour le cas de l'abbé, dont uniquement la tête a été remplacée, cela pourrait s'expliquer par un attachement pour cet homme d'église en particulier. D'autant que si on lui imagine une moustache, on pourrait surement lui trouver quelques traits de ressemblance évidents avec votre arrière grand père, détouré en bas à gauche (regardez les yeux). Un abbé qui ne pouvait pas être là le jour de la photo, puisqu'il y a eu montage. À l'origine était probablement photographié son « remplaçant », moins connu ou apprécié de la famille, mais qui est pourtant placé au centre, peut être l'a t-on placé ici volontairement, dans le but d'un montage à venir ?

Peut être est-ce tout simplement une photo en l'hommage de l'abbé (enfin celui dont on a ajouté le visage), sur laquelle sont représentées toutes les personnes d'une même famille qu'il aurait bien connu, marié, baptisé ou enterré, au court de son exercice ? (Sachant que le visage de l'abbé, tout comme celle de l'enfant décédé, a peut être été photographié des années avant le montage.) Peut être même que cette photo a été prise le jour de l'inhumation de l'abbé et que votre arrière grand père n'ayant pu se déplacer, on avait tout de même souhaité le faire figurer sur cet hommage, d'où l'ajout détouré sur le banc, à gauche. D'ailleurs, si c'est le cas, il est fort possible que la photo ait été mise en en scène au moment de la prise de vue, dans l'optique d'un montage à suivre — en gardant de la place sur le banc pour votre arrière grand père, et en gardant également de la place à gauche du groupe, en terme de cadrage, pour insérer la vignettes des disparus.

Ce n'est qu'une hypothèse parmi d'autres possibles. La seule chose dont je suis sûr, c'est que cette image est propice à l'imagination ! Me suis bien amusé ;-)

(Rappel : commentaires toujours fermés pour la catégorie « Mes commentaires ailleurs », à discuter sur le site d'origine.)

Commentaire / Pour le Kindle et les bouquineurs électronique

Chez Francis Pisani :

« Mais certaines nouveautés commencent bien plus haut. J’en ai même trouvé une vendue plus cher le jour de sa sortie que sur papier . Il y a un mouvement de protestation des usagers pour refuser ce qui se vend à plus de 10 dollars. »

Une fois que les utilisateurs de Kindle ont payé 245 € pour s’offrir une machine à contenu propriétaire, quel pouvoir peuvent ils avoir sur le distributeur ? Sauf à s’équiper de plusieurs machines pour pouvoir faire jouer un sans blanc de concurrence, acheter un Kindle, c’est aussi, quelques part, signer un chèque en blanc à Amazon. L’argument est souvent du type « quand je voyage, j’emporte 300 livres, c’est génial », sauf qu’il faut préalablement pouvoir se les payer, les 300 livres (+ la machine). Et surtout, espérer ne pas les perdre en cas de changement de marque de machine, par exemple.
Sans oublier qu’en terme de fonctionnalités, les livres actuellement vendus par Amazon ne sont que la préhistoire du livre numérique (tout un tas de fonctions et de possibilités seront à apporter une fois que les livres numériques seront enfin lisibles confortablement sur des ordinateurs portables polyvalents, qui soient aussi conçus pour favoriser la lecture en toutes circonstances). Ainsi, on pourra enfin commencer à aller un peu au delà de l’argument gentillet du « poids économisé lorsqu’on part en vacances » pour se concentrer sur tout ce que le numérique peut apporter au contenu, en terme de valeur ajoutée (et non aux caisses d’Amazon ou de Sony).
Avis perso de simple observateur, non spécialiste de la question.

Commentaire / Steve Jobs et les readers [à propos des tablet PC]

Chez eBouquin :

Je pense que Steve Jobs a tout a fait raison : la polyvalence prime, surtout sur des machines vendues à plus de 300 € (même s'il y aura toujours quelques amateurs prêts à acheter des appareils dédiés, pour diverses raisons).

Par ailleurs, concernant la tendance prospectiviste ambiante sur les tablettes informatiques, je ne comprend toujours pas l'intérêt de supprimer le clavier d'un ordinateur portable pour le remplacer par une interface tactile. Je comprends bien l'intérêt du « tout tactile » pour un smartphone qui se doit de tenir dans une poche (dans ce cas, tactile = gain de place, gain de confort et gain en polyvalence) et qui, de par sa contrainte de taille, aura de toute façon des usages limités, mais je ne comprends pas l'intérêt du tout-tactile pour un ordinateur portable. De mon point de vue, il faudrait une machine qui propose une interaction tactile ET une interaction clavier. Pourquoi choisir entre l'un et l'autre ?

Par exemple, un Mac Air qui aurait la capacité de se moduler en tablette (avec un écran tactile et un clavier qui puisse se retourner complètement, se décrocher ou se ranger en tiroir, pour une utilisation sans table d'appui) serait à mon avis beaucoup plus intéressant qu'une simple tablette telle qu'on la rêve chez Techcrunch. En tout cas, ce qui est à peu près sûr, c'est que les gens qui achètent des ordinateurs portables seront très peu a investir en plus dans des tablettes. Et les gens qui achèteraient des tablettes ne pourraient que difficilement se passer d'un ordinateur portable. À mon avis, l'avenir de ce chaînon manquant se situe plus dans un ordinateur portable modulaire qui puisse se configurer simplement en version tablette et en version clavier, pour encore plus de polyvalence. Apple a probablement une belle carte à jouer dans ce domaine, tout comme Asus qui semble être déjà en route pour réaliser ce type de machine hybride mi tablette, mi laptop.

Concernant l'avantage d'un clavier dissocié de l'écran, j'en avait écrit quelques mots en commentaire chez Aldus.

Commentaire / Et si les jeux vidéos structuraient une nouvelle pratique de lecture ?

Chez Lorenzo Soccavo :

On pourrait également citer la vague des CDRom culturels qui ont bien marché dans la 2e moitié des années 90. Celui sur le Louvre s'était vendu à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires à travers le monde, mêlant images mais aussi voix, textes à travers une interface riche. Il y avait aussi le CDRom pour enfant, à la limite du jeu, adapté du livre « Alphabet » de Kveta Pacovska. Ou encore ce magnifique travail narratif mélangeant texte, photo, vidéo et son sur l'œuvre écrite de Jean Jacques Rousseau.

Ce ne sont que des exemples d'expériences narratives marquantes mais il y en avait beaucoup d'autres, éditées notamment par Montparnasse Multimédia ou Hyptique et qui, ma foi, ne se vendaient pas trop mal à l'époque, malgré un équipement informatique encore peu démocratisé et un prix relativement élevé. Je suis toujours assez surpris que tous ces travaux soient « oubliés » aujourd'hui lorsqu'on évoque l'avenir des livres sur support numérique, à travers des interfaces multimédia (ou hypermedia).

Jean-Louis Fréchin, directeur de création chez Montparnasse Multimedia à la grande époque, avec qui j'ai un peu travaillé, pourrait vous en parler bien mieux que moi.